NOMBREUSES VISITES
rent, « mais non plus à pied ; c'était bon pour le début. »
Rousseau cite ensuite un M. Laliaud de Nîmes, qui voulait avoir une silhouette du philosophe pour en faire faire un buste. Puis un officier, M. Séguier de Saint-Brisson, avec lequel Jean- Jacques fit le pèlerinage 'de l'île de Saint-Pierre. Enfin de Genève, des visites tant et plus.
« Les Deluc père et fils me choisirent successivement pour leur garde-malade; le fils l'était en partant de Genève; tous deux vinrent se rétablir chez moi. Des ministres, des parents, des cagots, des quidams de toute espèce venaient de Genève et de Suisse, non pas comme ceux de France, pour m'admirer et me persifRer, mais pour me tancer et me catéchiser. »
Rousseau nomme encore un M. d'Ivernois, commerçantde Genève, français réfugié et parent du procureur-général de Neuchâtel, et il ajoute ce portrait peu flatté :
« Ce M. d'Ivernois passait ù Motiers deux fois l'an, tout exprès pour m'y venir voir, restait chez moi du matin au soir plusieurs jours de suite, se mettait de mes promenades, m'apportait mille sortes de petits cadeaux; s'insinuait malgré moi dans ma confidence, se mêlait de toutes mes affaires, sans qu'il 3^ eût entre lui et moi aucune communion d'idées, ni d'inclinations, ni de sentiments, ni de connaissances. Je doute qu'il ait lu dans toute sa vie un