Malouet i\ la Constituante, 15 août
2. Dans le cli. vm du I. III du Contrat social il ne fait qu'élablir « par de nouvelles preuves >■ la vérité du principe posé dans VEsprit des lois; dans VEinile, il renvoie à Montesquieu pour tout ce qui concerne les rapports du gouvernement avec les mœurs. Montesquieu dit : « Sitôt que les hommes sont en société, l'égalité qui était entre eux cesse et l'état de guerre commence... Dans l'état de nature les hommes naissent bien dans l'égalité, mais ils n'y sauraient rester, la société la leur fait perdre et ils ne reviennent égaux que par les lois. « Le discours de Rousseau n'est (jue le développement de ces ([uatre lignes de VEsprit (1, ;J, et VIII, 3).
Révolution faisait éclore. André Chénier, Brissot, Buonarotti, bien d'autres encore ont associé Montesquieu à Rousseau. Selon l'abbé Barruel, Rousseau, élève fidèle, marchait dans la voie ouverte par Montesquieu; il l'avait seulement élargie par places.
Mounier déplorait la façon dont la monarchie est traitée dans V Esprit des lois ; cette « satire sanglante » lui paraissait propre à faire abhorrer la royauté'.
Dans le livre consacré à montrer l'influence de Rousseau sur la Révolution, Mercier a écrit ces lignes : « Il ne blâme point ce remède terrible de l'insurrection. Ayant un sentiment profond de l'égalité naturelle, il eût vu foudroyer avec joie une prétendue constitution qui insultait l'égalité sociale. » De qui s'agit-il? De Rousseau? Voyez la suite : « Né en 1680, il écrit sur les effets funestes de la tyrannie et le choc régénérateur s'opère à cent ans du jour de sa naissance ». Ce révolutionnaire, c'est Montesquieu.
« L'Etat doit à tous les citoyens une subsistance assurée, la nourriture, un vêtement convenable et un genre de vie qui ne soit pas contraire à sa
1. Nouvelles observations sur les États généraux, p. 219, et Recherches sur les causes qui ont empêché les Français de devenir libres, I, 150.
santé. » Où lit-on cela? Dans le Contrat sockiU Non, au chapitre xxix du livre XXIII de l'jE's/jnV f/es lois.
Vixere fortes ante Agamemnona. Les héros qui précédèrent le roi des Grecs sont oubliés; mais nous connaissons les hommes qui, avant Rousseau, ont avec éclat discuté sur les gouvernements, maudit le despotisme et les privilèges, et dénoncé les maux ou les vices des sociétés \
1. Dans un livre tout récent de M. Maurice Lange et dans un article de M. Faguet (Revue des Deux Mondes, 15 août 1909) on voit que La Bruyère, démocrate et même un peu socialiste, a réédité les idées subversives des sermonnaircs catholiques. Vulgarisées par lui, elles sont devenues celles du xviii' siècle. « On saura désormais, dit M. Faguet, que La Bruyère, disciple des sermonnaircs du XVIII' siècle, peut passer pour le premier des encyclopédistes. »