‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 100 sur 107 · ROUSSEAU OCTOGÉNAIRE · texte numérisé non relu

ROUSSEAU OCTOGÉNAIRE

Il est mort à soixante-dix ans, onze ans avant la prise de la Bastille; il aurait eu quatre-vingts ans au moment où la Convention se réunit. S'il avait vécu jusque-là, que serait-il devenu? Quels eussent été ses sentiments?

On a prétendu qu'il aurait été guillotiné. L'auteur de la Nouvelle Hélo'ise sacrifié par Robespierre ! Est-ce admissible?

On a dit aussi que, dès le second mois de la Révolution, Rousseau serait mort de douleur.

Les actes de violence, les journées sanglantes l'auraient certainement désolé. Il n'est pas douteux qu'il eût rappelé ce qu'il avait écrit sur la volonté générale viciée, sur le respect de la vie humaine, et que si, lors de la proscription des Girondins, on était venu lui dire : Vous triomphez avec la Montagne, il aurait répliqué : Ni Grimm ni Diderot ne m'ont calomnié si cruellement.

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