‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 101 sur 107 · ROUSSEAU OCTOGÉNAIRE · texte numérisé non relu

ROUSSEAU OCTOGÉNAIRE

Nous pouvons, sans invraisemblance, l'imaginer affaibli par la vieillesse, séduit comme Raynal par Malouet, et maudissant la Révolution à certaines heures.

Mais il avait vu, entre Paris et Lyon, les chaumières terrorisées par les publicains'. Au bord de la forêt de Montmorency, il avait été témoin des vexations qu'un soin jaloux du plaisir des grands faisait exercer sur de malheureux paysans forcés de souffrir le dégât fait dans leurs champs par le gibier, sans oser se défendre qu'à force de bruit, et réduits à passer les nuits avec des chaudrons et des tambours pour écarter les sangliers \ Peut-être connaissait-il quelque cultivateur condamné aux galères pour avoir tué un lapin ou un lièvre. N'aurait-il pas applaudi à la destruction du régime féodal, « tremblé avec l'Europe tout entière pour les communes, et senti leur délivrance comme celle de l'humanité^ ». N'aurait-il pas partagé la joie universelle causée par la prise de la Bastille?

Que de bénédictions n'eût-il pas adressées à l'Etre suprême en lisant le décret par lequel la France renonçait à toute guerre de conquête*! Quelle fête

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