‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 2 sur 107 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

de cet homme paisible l'auréole sanglante qui l'enveloppe.

Cette défense n'est en aucune façon un panégyrique. Si l'on supposait qu'elle vient d'un sectateur passionné de Rousseau, on se tromperait fort.

Je ne suis pas de ces disciples zélés qu'un pieux enthousiasme conduit en pèlerins à l'ermitage de Montmorency, o-u qui gardent, comme une reli({ue sacrée, quelque branche de buis cueillie à la porte des Charmettes. Je cherche à parler do Rousseau comme on le fera un jour, quand on ne sera plus obsédé par la peur et la haine, quand on l'étudiera sans passion, non plus en adversaire ou en allié, mais avec désintéressement et impartialité. Si l'on y regarde bien, on constatera que j'ai, avant tout, le souci d'être exact, de voir clair, d'atteindre et de garder la juste mesure.

Loin d'être entraîné par une grande tendresse, je n'aime pas Rousseau autant que je voudrais; je crains môme parfois de ne pas avoir pour lui assez de sympathie et de déférence. Peut-être ses dévots me reprocheront-ils certaines pages. Si, à mon grand regret, ils sont scandalisés, je m'en consolerai en pensant que ses ennemis doivent l'être plus encore.

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