‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 20 sur 107 · Épîlre à Parisot, XI · texte numérisé non relu

Épîlre à Parisot, XI

de Dijon l'avait soudainement jeté dans une sorte de délire. Son esprit fut « ébloui de mille lumières » ; une foule d'idées entrevues à la fois avec autant de force que de confusion lui causèrent un trouble inexprimable, un étourdissement semblable à l'ivresse. En cet « instant d'égarement », il eut une inspiration subite, vit un autre univers, devint un autre homme.

Ce récit, fait sincèrement sans doute, ne me paraît pas admissible. Je conçois une conversion comme celle de saint Paul; on n'est pas impunément arrêté en plein midi sur la route de Damas par une vision, surtout au temps de Tibère. Je comprends mieux encore Polémon vaincu subitement par le maître austère qu'il vient braver, et déposant furtivement les insignes de la débauche \ Mais comment croire à une agitation extraordinaire, à la veste mouillée de larmes répandues sans les sentir, à une véritable extase, à propos de la question posée par l'Académie de Dijon? Rousseau dit dansles Confessions et nous répétons machinalement qu'il s'agissait de savoir si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs. C'est inexact : bien innocente

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