Confessions, XYJ
rences inextricables ^ Loin de dessiller ses yeux et de débrouiller un chaos dans sa tête ainsi qu'il s'en flattait, sa seconde conversion le condamne à des contradictions perpétuelles. Jamais il n'aura de doctrine arrêtée, de système politique ou social bien coordonné. Mettre de l'unité dans son œuvre est une entreprise ingrate à laquelle on ne saurait réussir même en y appliquant un esprit aussi ingénieux que celui de M. Lanson^ Mais d'un bout à l'autre de cette œuvre si trouble, si confuse, apparaît le souci constant de maintenir l'ordre public et d'opposer aux utopies les conseils de la prudence. Il se met à déclamer contre la civilisation : « Dieu tout-puissant, délivre-nous des lumières et des funestes arts de nos pères et rend-nous l'ignorance, l'innocence et la pauvreté^ ». Toutefois il se
1. 11 y a dans les Confessions, XV, 321, des traces de ces conflits : « Lorsque j'ai fait dans la suite, à Paris, l'antidespote et le fier républicain, je sentais en dépit de moi-même une prédilection secrète pour cette même nation que je trouvais servile et pour le gouvernement que j'affectais de fronder. Ce qu'il y a de plaisant, était qu'ayant honte d'un penchant si contraire à mes maximes, je n'osais l'avouer. »