‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 23 sur 107 · Voir son Histoire de la Lilté rature française, p · texte numérisé non relu

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3. Dans cet écrit si court, Montaigne est cité plusieurs fois, il devrait l'être bien davantage. Là, comme en une foule d'endroits, Rousseau, sans le dire assez, fait de larges emprunts aux Essais; le premier discours n'est qu'une amplilication sonore du chapitre des Cannibales, dans lequel la simple et naturelle police des Sauvages d'Amérique est préférée à tout ce que la philosophie pourra jamais imaginer de plus parfait pour le gouvernement des peuples. La rhétorique de Rousseau rend inquiétant ce qui, présenté par Montaigne, parait moins dur tout en étant peut-être plus sérieux.

garde bien de conclure qu'il faille renoncer aux arts et aux sciences, il avoue au contraire que désormais on ne saurait s'en passer. Si l'on sait en tirer le parti convenable, « on verra ce que peuvent la vertu et la science travaillant de concert à la félicité du genre humain ». En défendant son premier Discours contre le roi de Pologne, il déclare « les arts et les sciences nécessaires pour adoucir la férocité : les lumières du méchant sont moins à craindre que la brutale stupidité ». « Les arts et les sciences, dit-il dans la Préface de Narcisse, après avoir fait éclore les vices, sont nécessaires pour les empêcher de tourner en crimes... Quoique ces choses aient fait beaucoup de mal, il est très essentiel de s'en servir aujourd'hui comme d'une médecine au mal qu'elles ont causé. »

De môme que les arts et les sciences, la société a de grands inconvénients, engendre toute sorte de maux, mais elle est naturelle à l'espèce humaine comme la décrépitude à l'individu', nous ne pouvons songer à la supprimer. Cela posé, Rousseau est à son aise pour en médire dans son second Discours.

Aidé par Diderot, qui le rend satirique et mordant, le pousse au noir'-, il décrit avec une puissante

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