‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 25 sur 107 · II · texte numérisé non relu

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cause commune que celui de tout l'Etat? Qu'on nous dise qu'il est bon qu'un seul périsse pour tous, j'admirerai cette sentence dans la bouche d'un digne et vertueux patriote qui se consacre volontairement à la mort pour le salut de son pays; mais si l'on entend qu'il soit permis au gouvernement de sacrifier un innocent au salut de la multitude, je tiens cette maxime pour une des plus exécrables que jamais la tyranie ait inventées, la plus fausse qu'on puisse avancer, la plus dangereuse qu'on puisse admettre et la plus directement opposée aux lois fondamentales de la Société \ »

La Lettre à d'AIembert est d'un conservateur circonspect, pour ne pas dire timoré. Elle prêche le respect des traditions, l'étude des faits, la défiance des systèmes. « Il y a, de peuple à peuple, une prodigieuse diversité de mœurs, de tempérament, de caractère. L'homme est un, je l'avoue, mais l'homme modifié par les religions, par les gouvernements, par les lois, par les coutumes, par les préjugés, par les climats, devient si différent de lui-même, qu'il ne faut plus chercher parmi nous que ce qui est bon dans tel temps ou dans tel pays... Il s'agit d'approprier tellement ce code au peuple pour lequel il est fait, que son exé-

1. I, 419, 433. Cet article parut d'abord dans le tome V de l'Encyclopédie.

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cution s'ensuive du seul concours de ses conve-

nances \ »

Une page contre Molière fait penser à la dureté de Bossuet : « Voyez comme cet homme trouble tout l'ordre de la Société, avec quel scandale il renverse tous les rapports les plus sacrés sur lesquels elle est fondée, comme il tourne en dérision les respectables droits des pères sur les enfants, des maris sur les femmes-, des maîtres sur les serviteurs. Il fait rire, il est vrai, et n'en devient que plus coupable, en forçant les sages mêmes de se prêter à des railleries qui devraient attirer leur indignation ^ »

Constamment hostile à la « canaille des valets », Rousseau demande s'il ne serait pas bon que, sur la scène, ils fussent seuls fourbes et que les honnêtes gens fussent des gens honnêtes^.

Dans VAnahjse du Projet de paix i^erpétuelle de l'abbé de Saint-Pierre, il n'est pas toujours facile de distinguer ce que Rousseau approuve de ce qu'il expose sans l'approuver ^; mais, dans son

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