‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 26 sur 107 · VI, 408 : « Le système de l'Europe a précisément le degré · texte numérisé non relu

VI, 408 : « Le système de l'Europe a précisément le degré

PRERUERS ÉCRITS b7

Jugement sur la Polysynodie, il donne les avis les plus modérés, les plus prudents, ne veut pas de réforme par des moyens violents et interdit de détruire ce qui existe sous prétexte de mettre à la place un établissement meilleur : « Qu'on juge du danger d'émouvoir une fois les masses qui composent la monarchie française! Qui pourra retenir l'ébranlement donné ou prévoir tous les effets qu'il peut produire? Quand tous les avantages du nouveau plan seraient incontestables, quel homme de sens oserait entreprendre d'abolir les vieilles coutumes, de changer les vieilles maximes et de donner une autre forme à l'Etat que celle où l'a successivement amené une durée de treize cents ans? Que le gouvernement actuel soit celui d'autrefois, ou que durant tant de siècles il ait changé insensiblement, il est également imprudent d'y toucher. Si c'est le même, il faut le respecter ; s'il a dégénéré, c'est par la force du temps et des choses, et la sagesse humaine n'y peut rien ^ »

Le projet d'établir une paix perpétuelle est admirable, mais exigerait des moyens violents et redoutables à l'humanité. Il faudrait des ligues fédéra-

de solidité qui peut la maintenir dans une agitation perpétuelle sans la renverser... Nos maux ne peuvent finir, parce que toute grande révolution est désormais impossible. » Rousseau semble bien exprimer ici son sentiment personnel, ainsi que Ta supposé un commentateur de l'abbé; toutefois je n'oserais pas l'aflirmer. 1. VI, 487.

tives qui ne s'établissent que par des révolutions, et qui oserait dire si cela est à désirer? On risquerait de faire tout d'un coup plus de mal qu'on n'en préviendrait dans la suite des siècles '.

1. Fin du Jugement sur la paix perpétuelle. — A la fin du jugement sur la Polysynodic, Rousseau fait observer (lue sa conclusion n'est nullement, « comme mille gens le croiront », en contradiction avec le Contrat social. Cette note pourrait faire croire que le Jugement est postérieur au Contrat, mais ces deux écrits sont de la même époque.

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