Lettre datée de Woullon, 27 septembre 1700, XXIV
2. VII, 518. De môme ;i llelvétius déclarant légitime ce qui est nécessaire au salut public, Rousseau réplique : ■< Le salut public n'est rien, si tous les particuliers ne sont pas en sûreté. » (XI, 159.)
DERNiEHS ÉCRITS 77
Taine travaille à établir que les écrivains du xviu* siècle ne tenaient aucun compte des climats, des races, des institutions , du passé des nations, que « la prodigieuse difTérence qui sépare les hommes de deux siècles ou de deux races leur échappe ». Rousseau ayant écrit dans les Considérations : « Il n'y a plus aujourd'hui de Français, d'Allemands, d'Espagnols, d'Anglais, il n'y a plus que des Européens », Taine s'empare de cette ligne et s'en fait un argument. Cela me rappelle la façon dont on a parfois cité YEpîlre aux Galates pour prouver que l'esclavage n'existait pas chez les premiers chrétiens. Écoutez, disait-on, comment parle saint Paul : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus d'esclave ni d'homme libre » ; on n'avait pas vu, ou l'on oubliait, que Paul ajoute : « Il n'y a plus d'homme ni de femme ». En découpant une ligne dans les Considérations, Taine altère de même le sens qu'elle a incontestablement. Rousseau veut faire sentir aux Polonais le danger de se laisser absorber par leurs voisins ; il insiste sur l'importance des institutions nationales qui forment le génie, le caractère, les goûts et les mœurs d'un peuple, qui le font être lui et non pas un autre; il affirme que « la forme particulière que les institutions nationales peuvent donner à leurs âmes » est le seul rempart sur lequel ils puissent
compter; il leur montre l'avantage d'avoir des usages domestiques et civils qui leur soient propres; il les met en garde contre la manie de copier les autres nations et de se laisser aller « à la pente générale en Europe de prendre les goûts etles mœurs des Français ». Il va jusqu'à regarder comme un bonheur qu'ils aient un costume particulier '.
Invité à donner son avis sur les réformes à faire en Pologne, il fait observer que si l'on ne connaît à fond la nation pour laquelle on travaille, l'ouvrage qu'on fera pour elle, quelque excellent qu'il puisse être en lui-même, péchera toujours par l'application. Une bonne institution pour la Pologne ne peut être l'œuvre que d'un Polonais ou de quelqu'un qui ait bien étudié le pays, la nation et ses voisins"-.
On exagère les dangers qu'un roi fait courir à la