Seconde IcUrc n ses commettants, janvier 1790, p
J.-J. Rousseau et i,a Révolution. 11
guereau au nom du Comité de législation, sur le droit de pétition, rapport accueilli par les protestations de la gauche et les huées des tribunes, Rousseau fut invoqué à plusieurs reprises pour prouver, contrairement à l'opinion de Robespierre, que l'individu ne participe à la souveraineté qu'au moment des élections, qu'aucune section du peuple ne peut se l'attribuer, que d'après le Contrat social il n'y a plus de volonté générale là où il y a les volontés d'associations diverses, c'est-à-dire des clubs.
Deux jours plus tard, pour repousser la proposition d'autoriser les comités à correspondre avec les corps administratifs, Girardin se fit applaudir à droite et huer à gauche en citant les œuvres de Rousseau dans lesquelles il avait appris les vrais principes de la liberté.
Le 22 du même mois, en réclamant pour le gouvernement une force plus grande, Yaublanc fit observer à ses adversaires qu'ils murmuraient contre le grand Rousseau.
Le 14 mai suivant, dans une discussion sur l'organisation de la Garde nationale de Lyon, on opposa aux « perturbateurs de la tranquillité publique » une réfutation fournie par l'immortel Rousseau.
Le 2 juin, Chabot reprochait aux ennemis de la
Constitution d'abuser de l'autorité de Rousseau pour soutenir que le gouvernement d'un seul est préférable à celui d'un Sénat.
Dans un pamphlet contre-révolutionnaire intitulé : Qui est-ce donc qui gagne à la Révolution \ on voit que la Révolution n'aurait pas eu lieu si nous avions suivi les principes de Rousseau.
Dans Y Adresse d\in citoyen ti'ès actif, le comte Ferrand, alors émigré et depuis pair de France, soutint que la condamnation de la Constituante était écrite dans le Contrat social.
Dans le Martyrologe de la Révolution, un des livres les plus violents qu'ait inspirés la défense de l'Ancien Régime, Peltier montra « l'opposition absolue » du Contrat social aux principales opérations de l'Assemblée nationale. « Cependant, ajoutait-il, Rousseau aura son buste ordonné par l'assemblée; c'est ainsi que la vérité se confond souvent avec le mensonge et qu'on bouleverse un Etat d'après l'enthousiasme qu'on a pour des écrivains à qui l'on fait dire le contraire de ce qu'ils ont enseigné *. »
Enfin, l'abbé Sabatier, de Castres, tira des œuvres de Rousseau un recueil de citations destiné à prouver que l'écrivain si souvent invoqué par les