pages in-8, sans lieu ni date, — probablement
2. Le Martyrologe de la Révolution, Coblentz, 1792, p. 212-3.
révolutionnaires était en réalité très opposé à la Révolution et en particulier à rétablissement de la République ^ Bien qu'étayé par trois volumes pleins de textes spécieux, ce paradoxe n'eut pas grand succès; soutenu avec la vigueur de Taine ou l'esprit de M. Lemaître, il pourrait faire illusion, et, à tout prendre, il est peut-être moins faux que l'opinion contraire".
Des aveux inattendus complètent la défense de Rousseau. En même temps qu'il est disculpé, les vrais coupables sont dénoncés par leurs complices.
Au cours du xlx" siècle, on s'est appliqué plus d'une fois à raconter la Révolution sans tenir aucun compte des manœuvres royalistes. Chateaubriands M"' de Staël S Piertrand de Molleville^ et
1. Le Véritable esprit de Rousseau, 3 vol. in-8, Metz, an XII.
2. L'abbé Morellet, qui trouvait dans le Contrat social des doctrines funestes et leur attribuait les maux dont il se disait victime, ajoutait pourtant qu'elles n'avaient été appliiiuécs en France que par ignorance ou mauvaise foi. — L'historien anglais Leky, dans son Hislory of England in the /S"' ccntury, a un paragraphe intituli' : Rousseau no revolutionnist; il dit à la p. 3Gi : Even the Contrat social itself is in truth utlerly condamnatory of the procedings of the French révolution; et p. 365 : The gênerai States of 1789, whicli consistcd chielly of his devoled disciples, violated one of the lirst principles of his [ihilosophy... Ilad they not donc so, the révolution luight hâve taken a différent turn.
3. « La proclamation de Brunswick avait soulevé la France. » (Mémoires d' outre-Tombe, V, 404.)
4. ■< Le trône ne se serait-il pas maintenu si l'Europe n'avait pas menacé la France et révolté la fierté d'une nation indépendante? »
5. •< L'effet fut de confondre tous les instincts dans celui de
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bien d'autres témoins non suspects avaient attesté l'indignation nationale produite par le manifeste de Brunswick. ïaine n'en a pas moins soutenu que le manifeste n'agita qu'un petit nombre de drôles, de bandits et de fous.
En face et au lendemain des événements, un aveuglement pareil à celui de ïaine n'était pas possible; les excès de la contre-révolution étaient trop évidents et trop funestes.
« Vous faites un tableau hideux de la Révolution; plus il est hideux, et plus vous êtes criminels, car c'est votre ouvrage, c'est vous qui êtes les auteurs de ces calamités... Espèrent-ils nous faire proclamer que la Révolution n'est qu'un amas de forfaits, lorsqu'elle n'en offre pas d'autres que ceux dont ils sont la cause première? » Quand on lit ces lignes dans un écrit de Carnot', on est enclin à les trouver excessives. Cependant, des juges dont personne ne saurait contester l'autorité sur ce point ont exprimé, en termes moins violents mais presque aussi sévères, une opinion qui ressemble fort à celle de Carnot.
Mirabeau, dans une de ses dernières notes, avertissait la Cour que le « levain redoutable » de la
repousser l'invasion et de rallier presque tous les partis è. la cause des factieu.x. » (X. 66.)