Bossuet, 5° avertissement
2. Voir les citations dans VEssai sur la Révolution de l'ordre civil, 11, 191, Londres, 1780. A la fin de l'Analyse de l'histoire de France, Chateaubriand remarque que Massillon a « dit tout » sur la souveraineté du peuple. Mercier croyait que Fénelon aurait applaudi à la Révolution. Tout récemment M. Le Breton a montré dans le Téléniaque le programme de la Révolution. Le Roman au XVIW siècle, p. 3.
M. Lemaître* compte parmi les préjugés les plus ineptes et les plus meurtriers que la Révolution ait hérités du Contrat social, la condamnation du régime féodal traité d'inique et d'absurde. Comme si, pour prendre ce régime en horreur, la France avait attendu Rousseau! Comme si la lutte contre la féodalité n'était pas un des faits capitaux de notre histoire ! Comme si Fléchier n'avait pas montré dans les Grands Jours d'A uvergne ce qu'était encore le régime féodal au cœur du royaume, après Richelieu, aux plus beaux jours de Louis XIV! Vingt ans avant les quelques lignes dont on fait un crime à Rousseau, le marquis d'Argenson montrait que le droit féodal, établi par une usurpation absurde et tyrannique, n'était en réalité que la loi du plus fort, ne pouvait être admis que par « des gens entichés de leur noblesse jusqu'à la folie - ».
Parmi les « hommes généreux qui osèrent examiner les fondements de la puissance des rois et révéler cette vérité que les magistrats, quels que soient leurs titres, sont les officiers du peuple, non ses maîtres », Condorcet a nommé Althusius,