Anexetaslos bios ou biotos {Apologie
plus d'objection, s'abstiendra de raisonnements funestes à son repos '.
George Sand regrettait qu'au milieu de discours généreux, Mably eût tant de paroles décourageantes : « A quoi bon, demandait-elle, ces beaux principes s'ils doivent être étouffés par l'esprit de modération? » Cet esprit est encore plus manifeste chez Rousseau que chez Mably. Des textes trop négligés constatent l'impression causée par le pessimisme de Rousseau.
Parlant des espérances qui éclatent dans divers pamphlets du xvup siècle, Garât observait que les écrivains ardents ne les embrassaient pas avec le même enthousiasme que certains écrivains plus froids : « Hume en attendait tous les biens; Jean-Jacques, aucun. Jean-Jacques avait pitié de nos prétentions à la liberté... Loin de donner ou de permettre quelque espérance pour l'avenir, ses premiers discours ne font attendre des progrès de nos connaissances que des progrès plus grands encore des erreurs, des opprobres et des scandales -. »
« On retrouve, à peu près dans tous ses
1. Troisième promenade, XIX, 172-6. Et, 117 : « Je me refuse ainsi à toutes nouvelles idées «.
2. Mémoires sur Suard, I, 163, II, 322. Dans une lettre adressée à Babeuf, on lit : « J'entends citer Rousseau et Mably. Le premier a dit positivement que, pour vivre sous une démocratie pure, il
ouvraj^^es, la même façon désespérante d'envisager les objets, écrivait en 1790 l'auteur du Supplément an Contrat social; partout il met le bien à si haut prix qu'il y faut renoncer en quelque sorte... Cette manière outrée, les injures qu'il prodigue aux philosophes, ont empêché souvent qu'on ne le lût avec profit... Il n'espère rien de ses contemporains *. »
Le Conventionnel Paganel tient à peu près le même langage : « D'une part, la démocratie pure constituant la liberté et tous les efforts de la sagesse humaine étant impuissants à réaliser cette chimérique conception; d'autre part le gouvernement représentatif ofTrant l'image de la liberté pour mieux régulariser la servitude, le genre humain, au jugement du philosophe de Genève, est destiné à s'agiter éternellement dans ses fers-. »
fallait être des demi-dieux; l'autre est bien loin de croire à la possiliilité de l'égalité... (Juaiul j'y songe, et j'y songe souvent, ma tète s'y perd. •> (Huonarotti, II, 212.)
1. P. 194 et 200. Gudin avait bien vu (j). 90) que Voltaire, « beaucoup plus confiant », avait prédit l'époque et l'issue de la Révolution dans sa lettre à Cliauvelin.
2. Essai, 1, 211. Dans le Tableau des progrès de l'esprit liuinain, Condorcet parle de la fausse philosophie qui méprise assez l'espère humaine pour annoncer que le progrés des lumières serait dangereu.\ ou inutile, fausse philosophie contre b'uiuelle l'appui de la doctrine nouvelle (perfectibilité) est devenue nécessaire. N'est-ce pas là une allusion à Rousseau'?