‹ J.-J. Rousseau et le pasteur de montmollin, 1762-1765. Suite et complément de J.-J. Rousseau au Val-de-TraversChapitre 11 sur 38 · DE MONTMOLLIN A D IVERNOIS · texte numérisé non relu

DE MONTMOLLIN A D IVERNOIS

peine et que, peut-être, il en ait persuadé quelques-uns de ses amis, comme il me paraît qu'il pourrait vous en avoir insinué quelque chose. Il est également douloureux et malheureux pour moi que ceux que son dernier ouvrage a vivement affectés se persuadent que j'ai eu par ci-devant trop de complaisance et de support pour M. Rousseau. Il est bien difficile, dans la position où je me suis trouvé et où je me trouve encore, de pouvoir faire selon les désirs des uns et des autres; il n'y a d'autre parti à prendre que celui de se conformer scrupuleusement à son devoir. Si M. Rousseau s'était dispensé d'écrire les Lettres de la Montagne^ il se serait évité à lui et à bien d'autres des embarras et des inquiétudes; si même, après la publication de ce livre, lorsqu'il eut fait grand bruit et que notre compagnie des pasteurs l'eut pris en objet, il eût voulu suivre mes conseils, j'ose le dire, les choses auraient pu peut-être s'arranger. Mais M. Rousseau ne l'ayant pas voulu, je prévis tout ce qui en arriverait^ ainsi que je le lui dis et le lui fis dire encore par un de ses amis. Vous n'êtes pas à ignorer, Monsieur, que

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notre compagnie, où je n'assistai point, étant incommodé, prit la résolution de s'adresser au gouvernement, pour lui faire des représentations dans l'objet qu'il ne permît point que les ouvrages de M. Rousseau s'imprimassent dans ce pays, comme renfermant plusieurs propositions qui attaquaient la religion. Il fut déterminé ensuite que l'on examinerait de plus près le christianisme de M. Rousseau dans une autre assemblée, où il me fut enjoint de convoquer le Consistoire de Motiers et d'y faire comparaître M. Rousseau, pour lui adresser ces deux questions générales : s'il était persuadé de la divinité de la révélation et s'il croyait que Jésus- Christ était mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification, remettant tout le reste à ma prudence. M. Rousseau fut cité; il répondit qu'il paraîtrait; mais le lendemain, le Consistoire siégeant, M. Rousseau envoya une lettre dans laquelle il marquait qu'il ne pouvait pas s'y rendre, par plusieurs raisons qu'il alléguait. Ministre de l'Evangile et dépendant d'un corps à qui j'ai prêté serment et les maximes touchant la rehgion contenues dans le dernier

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