I. Voir Appenrîice : IV, Collaboration à l'Encyclopédie
faire définitivement de Jean-Jacques Rousseau un autre homme ; la lecture, sur la route de Vincennes — qui fut pour lui un chemin de Damas — de la question : Si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs, et la résolution qu'il prit d'y répondre.
« Je le fis, dit-il, et dès cet instant je fus perdu. »
En effet : il fut perdu pour la musique. Désormais, d'autres actions vont le détourner de la voie dans laquelle, non sans difficultés, il s'était engagé jusqu'alors ; la pratique de l'art ne lui sera plus guère qu'un aelassement en marge de sa vie. Il réforma sa manière d'être. Déterminé à passer dans l'indépendance et la pauvreté le temps qui lui restait à vivre, il résolut de prendre un métier manuel. Celui qu'il choisit était conforme à ses goàts et à son activité antérieure : il se fit copiste de musique. Sans nous préoccuper des commentaires auxquels ce choix a donné lieu, bornons-nous à rappeler que, sauf lorsque les circonstances le rendirent impossible, il ne cessa plus de se livrer à cette occupation jusqu'à la fin de ses jours.
Le succès de son Discours et les polémiques qui s'ensuivirent attiraient sur lui l'attention du monde pensant. De son côté, de graves
préoccupalions personnelles (maladies, naissance et abandon de ses enfants) commencèrent à l'assombrir et à donner à son caractère la tournure inquiète qui ne fit par la suite que s'aggraver.