‹ J.-J. RousseauChapitre 18 sur 29 · LE DEYI.X DU VILLAGE · texte numérisé non relu

LE DEYI.X DU VILLAGE

flatteur pour lui. Au reste, ce n'était pas par amour de l'art qu'il faisait ces beaux compliments, car il écrivait dans le même temps, avec désinvolture : « Comme tout cela sera exécuté par des seigneurs et dames de la cour, je m'atlends à être chanté faux et estropié; ainsi, je n'irai point » *.

Mais ce fut surtout chez le roi qu'il n'alla point. Après un long examen de conscience qui, au sortir de la représentation, le tourmenta toute la nuit, considérant que, s'il acceptait la pension qui lui était annoncée, il ne pourrait plus désormais parler d'indépendance et de désintéressement, qu'il lui faudrait dire : « Adieu la vérité, la liberté, le courage », et qu'en refusant il cf s'exemptait du* joug qui lui était imposé », il résolut de se soustraire à la faveur royale, et il partit de Fontainebleau aux premières heures du matin.

Le Devin du village fut représenté pour la première fois publiquement à l'Académie royale de musique le jeudi i*"" mars'1753; il y fut accueilli avec la même faveur qu'à la cour. Le succès ne fit que grandir de reprise en reprise, et il se prolongea pendant trois quarts de siècle.

Rousseau fit graver sa partition en l'accompagnant d'une préface dont le ton différait fort

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