TRIÈRB, — SES PROMENADES AU MONT VALÉRIEN
— SA MORT A ERMëNONVILLS.
Au sortir de l'île de Saint-Pierre, Rousseau se dirigea vers Strasbourg; il reçut de la cité hospitalière par excellence l'accueil le plus flatteur, et .-:.' arriva le 16 décembre 1765 à Paris : son protecteur, le prince de Conti, lui avait fait préparer un appartement à l'hôtel Saint-Simon, dans l'enceinte inviolable du Temple. Tout Paris voulut voir l'illustre proscrit, et Jean-Jacques se plaignait d'être dans son hôtel « comme Sancho dans l'île de Barataria, en représentation toute la journée. » Il ne fit d'ailleurs que passer à Paris : dès les premiers jours de janvier 1766, il partait pour l'Angleterre avec son ami, le philosophe anglais., David Hume, qui le mit en rapport avec un de ses compatriotes, M. Davenport. Celui-ci
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offrit à Jean-Jacques un asile charmant à Woolton, dans le comté de Derby, au milieu des rochers, des forêts et des ruisseaux. Toujours heureux dans son malheur, Jean- Jacques allait encore habiter, et grâce encore à la générosité de ses amis, une retraite selon son cœur. Il fut d'abord ravi de sa nouvelle résidence :
«c Figurez-vous, Madame, écrit-il à M"** de Luze (10 mai 1766), une maison fort propre, bâtie à mi-côte, sur le penchant d'un vallon, dont la pente est assez interrompue pour laisser des promenades de plain-pied sur la plus belle pelouse de l'univers
Au fond du vallon, qui sert à la fois de garenne et de pâturage, on entend murmurer un ruisseau qui, d'une montagne voisine, vient couler parallèlement à la maison et dont les petits détours, les cascades, sont dans une telle direction, que des fenêtres et de la terrasse l'œil peut assezlongtemps suivre son cours. Le vallon est garni, par places, de rochers et d'arbres où l'on trouve des réduits de'licieux et qui ne laissent pas de s'éloigner assez de temps en temps du ruisseau pour offrir sur ses bords des promenades commodes, à l'abri des vents et même de la pluie ; en sorte que, par les plus vilains temps du monde, je vais tranquillement herboriser sous les roches avec les moutons et les lapins Ajoutez qu'aux environs on aie choix des promenades, soit dans des prairies charmantes, soit dans les bois, soit dans les jardins à l'anglaise, moins peignés, mais de meilleur goût que ceux des Français, •
d'après U Barbier l'aîné. gravé ^par U Mire,
Rousseau herborisant.