JEAN-JACQUES EN ANGLETEHUE
Jean-Jacques passa treize mois, dans ce frais vallon, àherboriser, àfaire de la musique etàcomposer ses mémoires : il y écrivit les sixj^rèmiers
. Jjvres des Confesainns, Cependantlecielbrumeuxde l'Angleterre, son climat « froid et tardif » commençaient àTattrister. Il se plaint que le 10 mai, à Wootton, les arbres n'ont encore aucunes feuilles ; « à peine avons-nous des violettes, et jamais
"an n'y entend de rossignols. » Il ne manque pas, en outre, comme on devait s'y attendre, de se brouiller avec son ami Hume et avec son hôte, M. Davenport. L'origine de sa brouille avec Hume fut une plaisanterie, d'assez mauvais goût d^ailleurs, imaginée par Horace Walpole, l'ami de M"' du Defiand, et à^ laquelle avait collaboré David Hume. On avait écrit à Rousseau, sous le nom de Frédéric II, une lettre où se lisait, entre autres, cette phrase : « Si vous aimez les persécutions, je suis roi et je puis vous en procurer de toutes les espèces. » La phrase était de Hume luimême, et Rousseau, plus sensible à cette raillerie qu'à toutes les bontés de son ami, rompit brusquement avec ce dernier, écrivit, en guise de remercîment, à M. Davenport, une lettre grossière, et repartit pour la France.
Le 1*' mai 1767, il débarque à Calais, rencontre
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à Amiens l'auteur de Vert-Vert, Gresset, consent à être aimable, expansifmême avec ce gracieux poète, et lui dît en le quittant : « Vous faites si bien parler les perroquets (dans Vert-Vert), qu'il n'est pas étonnant que vous sachiez apprivoiser les ours. »
Après un séjour d'un an environ à Trie-le- Ghâteau (Oise), dans un appartement que lui avait prêté le prince de Conti et où il vécut sous le pseudonyme bizarre de Renou, « ne lisant rien désormais de ce qui pourrait réveiller ses idées éteintes et mort à la littérature, » Rousseau se rendit, par Lyon, à Grenoble et demeura, non loin de cette dernière ville, à Bourgoin, puis dans un vieux château du marquis de Cezargues, à Moquin, où il vécut très solitaire. Las enfin de cette dernière retraite, ce « voyageur perpétuel, » comme on l'appelait alors, vint se fixer définitivement à Paris vers la fin de juin 1770. Il y habita, dans la rue Plâtrière, qui depuis a porté son nom, un logement situé vis-à-vis de l'hôtel des postes etappartenant à un épicier, M. Venant. Il se confina chez lui, paraissant de loin en loin au théâtre, allant plus souvent jouer aux échecs au café de la Régence, et partout entouré d'admirateurs et de curieux, ce qui lui déplaisait peut-être moins qu'il n'aflectait de le dire aux privilégiés qui réussis^