LETTRE DE FRÉROK A J.-J. ROUSSEAU
je ne saurais me déterminer à employer avec vous d*autres formules ^
FRÈRON'
Paris, le 21 février 1761.
Je lis actuellement, monsieur, votre Nouvelle Héloise. Il faut vous avouer que de ma vie je n'ai rien vu ni lu qui m'ait si fort attendri ni qui m'ait en même temps fait goûter de si véritable plaisir. Vous peignez la verlu avec des traits si aimables qu'on ne se lasse |)oint de vous admirer. Puissiez- vous, pour prix de vos travaux , faire naître dans tous les cœurs la même reconnaissance avec laquelle je sens que je suis, monsieur, votre Irès-humble et très-obéissant serviteur.
LA POPLIISIÈRE'
Pass}, le 6 juin 1762.
J*ai bien des grâces à vous rendre, monsieur, vous m'aviez
* Rousseau parle de cette lettre dans le livre X des Confessions; vuilà ce qu'il en dit, après avoir raconté toute Taflaire de l'abbé : c II m'écrivit quelques jours après une lettre de remercinients qui ne me parut pas respirer une certaine effusion de cœur, et dans laquelle il semblait exténuer en quelque sorte le service que je lui avais rendu; et, à quelque temps de là, je trouvai que d'Âlembert et lui m'avaient en quelque sorte, je ne dirai pas supplanté, mais succédé auprès de madame de Luxembourg. »
* Élie-Catherine FréroTij journaliste, né à Quimper, en 1719, mort à Paris en 177(5. Fondateur, en 1745, du journal appelé l'Année littéraire.
' Alexandre le Riche de la Poplinière, financier bel-esprit, né a Paris en