C6 LETTRES DE MALESHERBES
explication qui serait beaucoup trop longue pour une lettre et que je n ai pas le temps de vous donner dans le moment ^ présent.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que je croîs que les exemplaires que vous avez demandés vous sont remis et que vous pouvez en disposer comme il vous plaira, sans vous croire lié par ce que je vous ai mandé ces jours passés et par la parole que Robin s'était cru autorisé à me donner de votre part.
Je suis fâché que Tédition soit aussi fautive qu'elle vous Ta paru. Au reste, tout le public sait que vous n*y avez eu aucune part, et en sera encore bientôt plus certain par la comparaison de l'édition hollandaise que je prévois qui se distribuera, malgré les précautions qu'on prendra pour l'empêcher.
Je verrai M. Guérin et M. Coindet, qui vous diront sur cela plus de particularités que je ne peux vous en écrire. Vous connaissez les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'élre, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur ^
Paris, 16 février 1761.
Je vous envoie, monsieur, la note des retranchements faits à votre ouvrage* dans l'édition française, avec les motifs d'après lesquels vous verrez quel parti vous voulez prendre pour la nouvelle édition. Cette note est faite sur l'édition hollandaise, et, s4l y avait quelques autres changements dans l'édition française, on ne vous demande point d'y avoir égard, ll^i'y a qu'un seul retranchement dans le tome II;
^ La réponse de Rousseau a celte lettre est du 10 février 1761^ ' Ijt Nottvelk Hélme,
A J.-J. nOtSSEAU. 407
lous les autres concernent les lonies V el VI. Ainsi vous aurez le temps d*avoir fait les changemenls nécessaires avant que la nouvelle édition soit assez avancée pour qu'on vous les demande.
Je suis très-aise qu'on ait fait un arrangement pour Tédition française qui vous soit utile. Je crois, malgré cela, que les libraires auront retiré la plus grande utilité de votre ouvrage. Si Tarrangement pris a rendu votre marché un peu moins mauvais, vous ne le devez qu'aux soins de M. Guérin et de M. Coindet, et s'ils ont eu besoin de faire intervenir Tautorité que j'ai sur les libraires, je n'ai du faire en cela que ce que j'ai cru juste ; ainsi vous ne m'en avez aucune obligation. Je suis, monsieur, avec tous les sentiments qui vous sont dus, votre très-liumble et très-obéissant serviteur.