LETTRE DE THÉRÈSE LEVASSEUR
deu vous c mon dies deu vous dire qui neu ceupeupaes reu con soles deu ne paes vous voire i vous sanbraceu deu tous leur quere i mile compliman tous les deus. Oguten e ca famé on Lie peure du reu ges deu vous pardre Monsieu leu qures deu groles e dan la plu grande douleur deu vous i les tous gour maladeu i vous pre santé ces amitiés e monsieu son neuveu osies.
Mercredi 23 juia 1762, ù quatre heures du raalin.
Mon cher ami, quelle joie que j'ai eue de recevoir de vos chères nouvelles; je vous assure que mon esprit ne tenait plus à rien de douleur de ne pas vous voir et de nous séparer sans pouvoir vous dire tous mes sentiments ; que mon cœur a toujours été pour vous et qu il ne changera jamais tant que Dieu vous donnera des jours, et à moi aussi. Quelle satisfaction pour moi de nous rejoindre tous les deux et de passer toutes nos douleurs ensemble! Je n'attends que le moment pour vous rejoindre et vous embrasser du fond de mon cœur. Vous savez bien que mon cœur est pour vous, et que je vous l'ai toujours dit, quelque part où vous fussiez que je .voulais vous aller joindre; fût-il les mers à passer et les précipices pour vous aller trouver, qu'on n'avait qu'à me dire, que je partirais bien vite ; mais on n'a pas jugé à propos de me le dire. Je n ai pas réussi à le savoir, et puisque (on) ne voulait pas me le dire, je vous assure que j^avais peur qu'il ne vous fût arrivé quelque chose et que l'on me le cachait. Mon pauvre esprit n'y était plus, ni la tête; vous me l'avez remis du tout au tout. Mais il sera encore mieux remis quand je serai auprès de vous, et de vous témoigner(?) toute la joie et la tendresse de mon cœur que vous connaissez que j'ai toujours eue pour vous et qui ne finira qu'au tombeau; c'est mon cœur qui vous parle, c'est pas mes lèvres. J'aspire le moment pour vous rejoindre, je ne tiens plus à rien qu'à vous, mon
cher ami. Je suis, avec toute l'amitié et la reconnaissance possibles, et rattachement, mon cher bon ami, votre humble et bonne amie, Thérèse Levasseur.
p. S. Je vous assure que je n'oublierai jamais de ma vie M. le maréchal et madame la maréchale de tous les mouvements pour vous, et les douleurs qu'ils ont eues dans votre séparation, et du coup qui vous est venu qui a été foudre pour tous vos amis. J*ai eu l'honneur tie parler à Mgr le prince (de) Conti et a madame de BoufQers, qui m'ont remis un peu ma pauvre tète. M. et madame de La Roche m'ont pas abandonnée dans mon chagrin. Que de bonnes gens et remplis de sentiments et de tendresse pour vous et la douleur de vous perdre I Ils vous embrassent tous les deux de tout leur cœur. J'ai été chez le père Âlamanni, pour vos bandages; il m'a promis qu'il allait les faire tout (de) suite. Il m'a témoigné bien de la douleur pour vous d'avoir perdu un si bon ami, et le père Mandar aussi qui en a été bien touché, et M. le curé aussi qui m'a témoigné de Tamitié beaucoup pour vous; ils vous présentent tous les trois leurs amitiés. M. Mathas et son neveu a été bien touché de vous et m'ont dit de vous dire qu'ils ne se peuvent pas rcconsoler de ne pas vous voir; ils vous embrassent de tout leur cœur, et mille compliments tous les deux. Auguslin et sa femme ont bien pleuré de regret de vous perdre. M. le curé de Grosley est dans la plus grande douleur de vous; il est toujours malade; il vous présente ses amitiés et M. son neveu aussi.