‹ J. J. Rousseau, ses amis et ses ennemisChapitre 19 sur 50 · LETTRES DE VERNES A J.-J. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LETTRES DE VERNES A J.-J. ROUSSEAU

morceau ; mais, pour ne vous en pas tenir là, quel service vous auriez pu rendre à la religion de Jésus, à cette religion sublime, en retranchant ce que les hommes y ont ajouté, et en montrant que ce qui est la doctrine de Jésus et des apôtres s'accorde avec votre beau système de religion naturelle, Pétend et le perfectionne. Mais par vos difficultés sur le christianisme, vous avez troublé les âmes affermies dans la foi, enlevé ce qui en restait dans quelques autres, et fait triompher nos libertins, qui s'appuient de Tautorité d'un homme tel que vous, d'un homme de bien, d'un amateur zélé de la vérité ; si au moins ils étaient tels que vous les demandez dans la religion naturelle ! Mais,, mon cher Rousseau, qu'ils sont bien éloignés d'adorer Dieu et de le servir avec celte simplicité, cette pureté de cœur que vous exigez de vos disciples ! J'abrège, mon cher Rousseau ; il m'a été impossible de ne pas vous montrer le fond de mon cœur, vous aimez trop la candeur pour blâmer celle avec laquelle je vous parle. Que ne pouvez-vous Hre dans le fond de ce cœurl Vous y verriez le tendre intérêt que je prends à mon ami, et combien il manque à mon bonheur de ne pas vous voir dans une patrie dont vous auriez fait les délices par votre commerce, comme vous en faites la gloire par vos talents supérieurs. Mais, mon cher Rousseau, dois-je désespérer de vous embrasser jamais? Donnez-moi, je vous en prie, de vos nouvelles, et n'oubliez pas le .plus vrai de vos amis K

^ Les quatre lettres de M. Vcrncs à Rousseau, qui ont rapport à l'affaire du tibelle, devraient être placées à in suite «le celles qu'on vient de lire. Nous avons trouvé inutile cependant de les donner ici, puisque Rousseau lui-même les a fait connaître en les insérant dans sa Déclaration relative à M. Vernes, qu'on trouvera dans le recueil de ses écrits.

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