‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 46 sur 78 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

Nous verroDS tout à Theure si la lecture assidue en sera utile à tout le monde. Pour le moment, essayons de comprendre comment Jacolot avait pu oublier ce genre d'utilité. Praticien avant tout, cet homme qui avait pris sa part d'aclion dans une époque confuse de révolutions et de contre-révolutions, et qui avait dû laisser plus d'une illusion de jeunesse à travers tant de ruines anciennes ou récentes, témoigne, à Tégard du progrès, d'un scepticisme désespérant. « L'individu entend, dit-il, l'espèce est sourde. » Et encore : « Nouvelle scène de la pièce qui se joue depuis le commencement du monde : pièce tragique pour les individus, et comique aux yeux de la raison, quand on songe à l'aplomb, à l'emphase avec laquelle on débite tant de sornettes. Au milieu de toutes ces agitations, le monde ira comme il va et comme il allait. Les individus même ne changent pas plus que l'espèce; mais ils le pourraient : voilà la différence (1). » Jacotot croyait, et même plus qu'il n'en a l'air ici, à l'amélioration possible de l'individu, grâce à l'effort de la volonté ; mais il ne croyait pas au progrès de l'humanité : ce progrès n'était pour lui (( qu'une billevesée philosophique. » Nous n'avons donc pas à chercher dans ses livres la moindre idée de l'utilité politique et sociale qu'on peut retirer de l'histoire.

Prenons garde nous-même à ne pas faire une trop large mesure à cette utilité. Si l'homme d'État, le législateur, le philosophe, le moraliste, ont intérêt à connaître en détail et à pouvoir résumer en quelques maximes les faits de l'évolution humaine tout entière, l'étude approfondie de l'histoire universelle ne pourra jamais être que le partage du petit nombre. Par contre, il n'est pas, à l'heure qu'il est,

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