‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 56 sur 78 · Musique, dessin et pe^ture, p · texte numérisé non relu

Musique, dessin et pe^ture, p

sures connues. L*enfant répétera le premier morceau jusqu'à ce qu'il le sache imperturbablement. Après le premier air, on passe au second en répétant sans cesse. On étudie les autres, jusqu'au cinquantième, en n'oubliant jamais de répéter les airs qu'on a appris. Il fafit maintenant commencer à faire réfléchir l'élève sur ce qu'il étudie, lui faire expliquer chaque phrase, chaque expression, comme lorsqu'il s'agissait de la langue maternelle. On le questionne pour s'assurer, pour qu'il s'assure lui-même qu'il sait l'air qu'il chante, qu'il a tout remarqué, qu'il peut tout écrire de mémoire, qu'il le comprend, qu'il voit quelle était l'intention du compositeur quand il a écrit ce soupir, etc. Ici encore, un ignorant lui-même peut poser des questions à l'infini.

Quand on a dans les doigts et dans la tête les cinquante premiers airs, qu'on les entend en les notant, et qu'on les note en les entendant, on sait écrire et lire la musique : il s'agit d'en comprendre les règles, de trouver la grammaire de cette langue. Ce n'est pas autre chose que comparer entre elles les différentes partitions que l'on a dans la mémoire, et les rapporter au premier solfège. On vérifie sur ce que l'on sait les principes généraux qui sont en tête de ce solfège. On apprend aussi les notes de tout ce qu'on sait, les intervalles, les renversements, les mesures à deux ou à trois temps, etc. « Il est étonnant, dit Rameau avec une ingénuité remarquable, que toutes les règles aient été observées avant d'être connues. Il a cru, en faisant son système*, son recueil d'observations, qu'il faisait la musique; il n'a pas remarqué qu'il faisait la musique faite.... Toutes les observations qu'on appelle règles, principes^ dérivent du fait qui existe toujours d'avance. Ne lisez point Içs observateurs avec le préjugé qu'ils ont créé la

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