‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 57 sur 78 · MUSIQUE · texte numérisé non relu

MUSIQUE

langue, maïs vérifiez leurs observations sur la musique que vous avez apprise (1). »

L'élève doit apprendre à créer, c'est-à-dire à combiner de mille manières ce qu'il connaît. Il faut qu'il s'approprie les cinquante morceaux d'Adam, comme il s'est approprié Télémaque. Il se contentera d'abord de faire quelques changements dans son modèle, remplissant seulement quelques intervalles avec quelque souvenir des cinquante airs qu'il sait parfaitement. Il prend un air lent, mélancolique, et le transforme en un air vif, léger, en gardant tout ce qui peut être gardé. Il suffira, le plus souvent, de quelqu'une de ces substitutions faciles, que Jacotot appelle des traductions. En s'exerçant ainsi sans relâche, on amasse un trésor incalculable d'accords, d'expressions, de mouvements, de combinaisons ; on aiTive à faire entrer avec la plus grande facihté une foule de réminiscences sur un thème donné, à le varier à son gré, en un mot, à improviser, avec sa mémoire^ avec son génie.

Pendant que l'on s'exerce à raconter des airs sur le piano, Jacotot conseille de ne négliger aucun des moyens d'exécution qu'offre l'instrument. Il entre ici dans des détails techniques qui peuvent intéresser surtout les amateurs de musique (2).

Dès qu'on sait les cinquante airs, qu'on répète sans

1. Musique, dessin et peinture, p. 161. Toute la musique est, en effet, dans les airs que Ton sait, et même dans un air seul. ce... Tair populaire de Lulli. Quelle qu'en soit la simplicité, cet air est une œuvre musicale. Comme tel, il doit renfermer tous les éléments musicaux. On les y trouve, en effet. Considéré en lui-même, le son s'y présente avec ses trois caractères : la hauteur, l'intensité, le timbre. Envisagé par rapport à la durée, le son, dans cet air, est soumis au rythme, à la mesure, au mouvement. » (Gh. Lévêque, L'esthétique musicale en France, Revue philosophique , janvier 1882).

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