DESSIN ET PEINTURE
L'enfant peut tout voir et tout imiter. Il ne s'agit point de dispositions intellectuelles, mais d'attention et de vo* lonté. Aussi Jacotot assure-t-il « que les premiers' essais sont quelquefois des coups de maître » et que si Ton donne i( un dessin à copier à un paysan, il peut arriver qu'il copie le modèle avec une exactitude parfaite. » Un père pauvre, une mère peuvent donc commencer par donner à leur enfant un dessin à copier, sans autres préliminaires. Mais si Ton se défie de son attention, rien n'empêche de lui donner le dessin à regarder, quelques jours avant de le lui donner à imiter. On le force à observer, on lui demande ce qu'il en pense, ce qu'il y voit, comment il le trouve. Ne fît -il qu'une seule petite réponse, c*est déjà un pas de fait. On répète ces exercices jusqu'à ce que l'enfant ait senti qu'il a vu quelque chose qu'il peut imiter. On peut prendre une précaution analogue avec un élève de l'enseignement universel : avant de lui mettre le crayon à la main, il ne sera pas inutile de lui « donner le modèle pour sujet d'une composition sur Yart, Dès que cette composition sera faite et justifiée (conformément aux règles de la méthode), l'élève sera disposé à copier ce qu'il connaît maintenant dans les plus petits détails (i). » Invité à parler sur son ouvrage, l'élève remarque en quoi il est exact ou défectueux. 11 regarde encore son modèle, il se remet à l'œuvre, et il arrive, de progrès en progrès, à une exécution parfaite du modèle.
Dès lors il peut essayer de nouvelles imitations, en n'oubliant pas de rapporter tout à ce qu'il sait. A-t-il commencé par dessiner d'après modèle la figure de l'Apollon du Belvédère, il pourra y rapporter la même figure en ronde bosse «