Musique, dessin et peinture^ p< S
d'autres modèles de figures, etc. Il peut aussi apprendre uû arbre, le bien connaître, le distinguer de tous les antres arbres,*en saisir et en rendre les plus petits détails, et y rapporter tous les autres arbres. Il peut aussi comparer son dessin à l'objet réel, c II faut autant que possible, dit Jacolot, faire cette étude sur la nature. » Il le dit en passant, et Ton s'étonne qu'il n'y ait pas davantage insisté. Je ne vois pas cependant qu'il ait à cet égard mérité le reproche qui lui était fait par Durivau. « Il convient sans doute d'étudier les chefs-d'œuvre des arts, de nous les rendre familiers, mais que l'on se garde bien de les bornera un petit nombre. Il ne faut pas surtout qu'ils usurpent jamais le rang réservé à la nature, ce qui serait substituer l'ombre à la réalité » (1). Ce que je reprocherais plutôt à Jacotot, c'est, par une apparente contradiction avec sa méthode, de n'avoir pas conseillé, au moins à l'élève déjà quelque peu avancé, la pratique constante d'un maître auquel il aurait rapporté tous les autres. C'est qu'ici le modèle universel, la nature, est devant l'élève. Le dessin ou le tableau qu'il imite n'est qu'un modèle de métier.
Celui qui connaît le métier, et dans le degré où il le connaît, doit pouvoir, par la représentation d'un objet ou d'un être, communiquer, manifester les sentiments que cet objet lui a fait éprouver. Il ne suffit pas de représenter matériellement, il faut plaire, dire quelque chose à l'âme, émouvoir. Votre exécution peut être parfaitement exacte, mais elle n'est pas complète, elle n'est pas une œuvre d'art, si elle me laisse froid. Parmi les différentes émotions qu'on a pu éprouver en face de la réalité, on doit en choisir une, à volonté, mais s'en tenir à elle seule. C'est ce que Jacotot