‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 72 sur 78 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

AHETORIQUE ET ELOQUENCE

Jacptot, qui ne faisait pas plus de cas qu'il ne faut de la rhétorique, estimait fort l'éloquence, à laquelle il avait dû quelques succès comme professeur et comme député. Ses 'livres offrent sur la matière beaucoup d'idées fortes, piquantes, d'un tour original, d'un sens profond, d'une portée pratique, à glaner au milieu d'un fouillis de divagations, qu'il était le premier à qualifier ainsi. Nous n'en iVouIons pas essayer une analyse même succincte, qui aurait moins de charme et d'utilité pour le lecteur que des citations au hasard.

Voici d'abord ce qu'il pense de la langue, cet instrument universel d'improvisation oratoire : « Je crois qu'une langue sert à exprimer les pensées et les sentiments des peuples ; je ne crois pas qu'un peuple ait des pensées et des sentiments qui le distinguent d'un autre. Le plus stérile des jargons peut devenir capable de tout exprimer quand la peuplade dont il est l'idiome en sentira le besoin (1). La langue latine ne se prête pas à la composition des mots comme la langue grecque, et cependant Cicéron assure qu'on peut dire en latin tout ce qu'on dit en grec ».

Les orateurs, ceux qui parlent à volonté la langue des

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