‹ J. M. GuyauChapitre 12 sur 98 · Arv SchefTer · texte numérisé non relu

Arv SchefTer

viduolle en la faisant se confondre avec une vie plus large et universelle. Le hvt le plus haut de Varl c^t de 'produire une émolion esiliétique d'un carucl'ere social. L'art enlève l'individu à lui-même. Les plaisirs qui n'ont rien d'impersonnel n'ont aussi rien de durable; le plaisir qui aurait, au contraire, un caractère tout à fait universel, serait éternel. C'est dans la négation de l'égoïsme, négation compatible avec l'expansion de la vie même, que l'esthétique, comme la morale, doit chercher ce qui ne périra pas.

IL —Le véritable artiste ne doit pas voir et sentir les choses en artiste, mais en homme, en honnne sociable et bienveillant, sans quoi le métier, tuant en lui le sentiment, finirait par ôter de ses œuvres la vie, qui est le fond solide de toute beauté.

Un des défauts caractéristiques auxquels se laisse bientôt aller celui qui vit trop exclusivement pour l'art, c'est de ne plus voir et sentir avec force dans la vie que ce qui lui parait le plus facile à représenter par l'art, ce qui peut immédiatement se transposer dans le domaine de la fiction. Peu à peu l'art prend pour lui le pas sur la vie réelle; toutes les fois qu'il est ému, il rapporte son émotion à cette fin pratique, l'intérêt de son art; il ne sent plus pour sentir, mais pour utiliser sa sensation et la traduire. Il est comme l'acteur de profession, chez qui tout geste et toute parole perd son caractère spontané pour devenir une mimique; c'est Talma cherchant à tirer parti même du cri de douleur sincère qui lui est échappé à la mort de son fils, et s'écoutant sangloter. Mais il y a cette différence

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