‹ J. M. GuyauChapitre 79 sur 98 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

Il y a deux écoles en poésie : l'une considère comme accessoire la vérité du fond et la valeur des idées; elle regarde l'art comme un jeu de formes, de sons et de couleurs; les poètes de cette école, alors même qu'ils dépeignent des sentiments, sont encore « les virtuoses de leur propre cœur i ». L'autre recherche la vérité de la pensée, la franchise de l'élocution, le naturel et la fidélité de l'expression. C'est à cette dernière école que se rattachent les Vers d'un philosophe. Les sujets les plus variés sont traités dans les quatre parties dont le livre se compose : la Pensée, V Amour, l'Art, la Nature et l'Humanité; mais c'est surtout dans les pièces inspirées par les problèmes de la destinée humaine et universelle que Guyau montre le plus de force et d'élévation. La poésie philosophique, c'est ce grand arbre qu'il nous peint dominant l'horizon de son tronc austère et immobile, mais dont la cime est sans cesse émue par un souffle venu d'en haut que ne sentent point les basses régions. Un accent toujours personnel et une pensée toujours impersonnelle, voilà ce qui fait l'originalité de notre poète; en l'écoutant, on se dit : comme il est bien lui-même! et on ajoute aussitôt : comme c'est bien moi

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