‹ J. M. GuyauChapitre 89 sur 98 · LA DOUCE MORT · texte numérisé non relu

LA DOUCE MORT

Sur une feuille posée

Par la Nuit dans son sommeil,

Une goutte de rosée

Se trouvait loin du soleil.

ft Oli! que ne puis-je, embrasée Par quelque rayon vermeil, Pauvre goutte méprisée, Voir le jour à son réveil ! »

Se dérobant à l'ombrage, Elle sort du doux feuillage :

Le soleil luit à ses yeux;

Elle meurt à sa lumière Et monte, vapeur légère, Dans un rayon vers les deux.

Moi, comme la goutte frêle, Ce fragile diamant,

0 lumière, je t'appelle :

Sors du profond lirmarnent.

Lassé de l'ombre éternelle, Ton doux éblouissement M'attire : à mon cœur aimant Que ta splendeur étincelle!

Mes dieux, ma religion,

C'est toi! Sous ton plein rayon,

Vérité, je me hasarde.

Le vrai, je sais, fait soufTrir :

Voir, c'est peut-être mourir.

Qu'importe'? û mon œil, regarde!

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