PRONONCE SI IV LA TOMBE DE PRADIER
Cette fin si prompte, cette triste mort est un malheur public, une perte irréparable pour l'art. Mais qui y songe, qui est en larmes à cette heure, excepté nous, dans ce temps d'antagonisme où nous nous débattons? Nous vous pleurons, nous, vos enfants, vos disciples et vos amis; nos larmes se répandent sur vous au nom de l'art, de la famille et de l'amitié. Mais pour vous, Pradier, travailleur infatigable, cette terre qui vous reçoit, c'est le port, c'est le champ du repos après une vie si laborieuse et si agitée.
Avant de quitter votre dépouille mortelle, permetteznous, cher maître, de vous remercier solennellement pour le bonheur que vous nous avez fait éprouver devant chacun de vos ouvrages, qui toujours étaient pour nous un nouvel enseignement ; que ce bonheur-là, avec notre culte reconnaissant pour ce que vous nous avez appris, soit votre plus belle récompense !
Vous resterez parmi nous toujours présent à notre pensée.
Au nom de vos élèves, adieu maître ! adieu Pradier !
Etex.
Paris, 10 juin 1852.
ETUDE SUR SA VIE ET SES OtVRAGES