Das beschiitzte Orcfiestre {i
3. Antonio Vivaldi a écrit de nombreux concertos et des ojiêi;i-i. Il mourut en 1743 à Venise
4. Sammelbiinde der Internuiiunulen Miisi/i^etel/schafl (V. p. j(jj, Zur Bachfvrsc/iun^ II).
En 17 ; 4, Bach obtint la charge de Concertmeister. II continuait en même temps son service d'organiste. Ses nouvelles fonctions l'obligeaientà composer et à faire exécuter de la musique à l'église. Le maître de chapelle en titre, Samuel Drese, était un vieillard maladif, et son fils, J. W. Drese, vice-maître de chapelle, un musicien sans valeur.
L'année précédente, Bach s'était présenté pour succéder à Friedrich-Wilhelm Zachow organiste de la Liebfrauenkirche de Halle \ On l'aurait volontiers accueilli, mais il n'accepta point les conditions qu'on lui offrait. On accusa Bach de n'avoir demandé cette place que pour se faire donner un traitement plus élevé par le duc de Weimar, désireux de le garder à son service. Cette insinuation injurieuse est mal fondée. Bach recevait, depuis Pâques de Tannée 171 3, 225 florins de salaire (196 thalers, 21 gros). A Halle, il n'aurait eu que 171 thalers, 12 gros.
C'est la même année 1713, d'après l'hypothèse de Spitta, que Bach, ayant joué devant le prince héritier de Cassel, Friedrich, qui devint plus tard roi de Suède, reçut de lui, en témoignage d'admiration, un anneau orné d'une pierre précieuse".
I. Voyez, dans les Sammelbânde der Intcrnationalen Musikgesellschaft (VI, p. 595), l'article de M. le D^ Max Seiffert, J.-S. Bach 1716 in Halle.
a. Constantin Bellermann. alors recteur à Minden, publia en 1743 un Programm consacré ù la louange de la musique. C'est
PiKUO. A
5o J.-S. BACH
Au mois d'avril iji6, il lut invité par le conseil (le la Lieblrauenkirche de Halle à venir examiner l'orgue que Cuncius venait d'y achever. On ne lui avait donc pas tenu rancune, à Halle, de son refus de succéder à Zachow. Bach se rencontra, dans cette ville, avec Johann Kuhnau (1660-1723), cantor de la Thomasschule à Leipzig et avec Christian-Friedrich Rolle de Quedlinburg, appelés également à cette expertise. Gottfried KirchhofT était alors organiste à l'église *.
« L'année 17 17, lisons-nous dans la Notice nécrologique, notre Bach, déjà si renommé, eut une occasion nouvelle d'acquérir encore plus d'honneur. Marchand, organiste et claveciniste fameux en France était venu à Dresde, s'était fait entendre avec succès devant le roi, et avait été assez heureux pour qu'on lui proposât d'entrer à son service avec un traitement élevé. Volumier% alors maître de concerts à Dresde, écrivit à Bach, dont les mérites lui étaient connus, et le pria de se rendre sans retard à Dresde, pour engager avec l'orgueilleux Marchand un tournoi musical. Bach accepta volontiers et pardans cet écrit que se trouve, à la page Jg, le passage qui concerne Bach. Spitla le donne en entier (J.-S. Bach, I, p. Soi). La dissertalion de liellermann se trouve à la bibliothèque nationale (Z 29910).
1. Voyez l'article de M. le D"^ Max Seiliert : Joh. Seb. Bach 1716 in Halle [Sammelhdnde der Iiiteniationalen Musikgesellschafi, VI, p. 595).
2. Jean-Baptiste Volumier, né en Espagne, formé en France, mourut à Dresde en 1728 (Eilner, Quellen Lexikon, vol. X).
LA VIE 5i
tit pour Dresde. Volumier le reçut avec joie et lui procura Toccasion d'entendre secrètement son rival. Bach adressa alors à Marchand une lettre fort polie, dans laquelle il s'offrait à exécuter à livre ouvert tout ce que Marchand lui présenterait et qu'en retour il attendait de lui la même bonne volonté... Marchand parut accepter. Le jour et le lieu de la rencontre furent désignés, non sans que le roi n'en fût informé. Bach se trouva, au moment désigné, sur le lieu de la lutte, dans la maison d'un ministre considérable. Marchand se fit longtemps attendre. A la fin, le maître de maison envoya prévenir Marchand... Mais on apprit avec la plus grande surprise que Monsieur Marchand était parti de Dresde le môme jour, à la première heure, avec la poste extraordinaire. Bach, seul maître du terrain, avait par suite une occasion favorable de montrer avec quelle puissance il était armé contre son adversaire. Il le fit, et émerveilla toute l'assistance. Le roi lui avait destiné pour cela un présent de Soothalers, mais l'infidélité d'un serviteur, qui crut mieux employercettesomme, enprivaBach.il n'emporta que l'honneur pour salaire... Notre Bach reconnaissait d'ailleurs volontiers à Marchand le mérite d'une belle et très élégante exécution ^ »
I. Musihalische Bibliothek, IV, V> partie, p. iG3 et pages sui vantes (1754J.
Bien que ce récit renferme quelques inexactitudes de détail, ou quelques invraisemblances, le fond en est confirmé par d'autres témoignages et on peut l'admettre ^ Bach était d'ailleurs tout prêt à vaincre Marchand avec ses propres armes. Il connaissait les œuvres de Forganistc français, et les faisait jouer à ses éjèves. Une « suite » pour clavecin de Marchand se trouve dans un recueil de manuscrits de Krebs, et la copie est datée de 1714- Une autre figure dans le livre dit d'Andréas Bach. Ajoutons enfin que Friedrich- Wilhelm Marpurg avait aussi entendu Bach faire grand éloge de l'habileté de Marchand -.
Après son retour de Dresde, Bach ne resta plus que peu de temps au service du prince Wilhelm Ernst. Les dernières semaines furent assombries par un événement fort grave, que nous ne connaissons que par un document récemment mis au jour. Drese était mort en 17 16, et sa place était restée longtemps vacante. Nul mieux que
1. On a une relation du fait par Birnbaum, dans un écrit publié en I73(j, et réimprimé dans l'édition de 1745 du Critischer Musikus de Scheibe, p. 899. Adlung le rapporte aussi (Anleitung zur niusikalisclien Gelahrtheit, 1758, p. (iyo).
2. Hislorisch-krilische Beytrdge zur Aufnahme der Musik, I, p. 45o (i7;)4), Marchand (161)9-1732) a laissé des pièces de clavecin (1699, 1702-1703), des pièces d'orgue (Archives des Mai'lres de Corgue, de M. A. Guilmant. III et VIllj cl quelques airs. J'ui publié une étude sur ce musicien dans les Sammelbànde der Internationa' (en Musikgesellschofl (VI p. i3GI.
Bach ne semblait digne de la remplir et elle lui revenait presque de droit, puisque, pendant trois ans, il avait servi de suppléant au vieillard. On conçoit que cette hésitation à le nommer successeur de Drese ait froissé Bach. De plus, la cour de Weimar était divisée. Le duc régnant était en désaccord avec le duc Ernst-August, qui avait pour Bach une grande admiration et de la bonté. Ce dernier avait épousé en 1716 une princesse d'Anhalt-Kôthen, dont le frère, prince régnant, aimait beaucoup la musique. Il se peut que Bach, attiré de ce côté, ait déjà commencé à se lasser de Weimar. La fête du deuxième centenaire de la Réforme y avait été célébrée du 3i octobre au 2 novembre 17 17 par une série de cantates à la composition desquelles il resta sans doute étranger*. Aigri par ces injustices, troublé par les dissensions qui éclataient journellement entre les princes dont Tun, de plus en plus, lui apparaissait comme un protecteur, et l'autre comme un maître rigide, il se laissa aller, selon toute apparence, à quelque excès dans l'expression de son mécontentement. On lit en effet dans les notes de Théodor-Benedikt Bormann,
I. Dans une étude intéressante, Das Weimar Johann Sébastian Bachs, M. Paul von Bojanowski donne le titre de ces cantates dont Salomo Fi'anck fut le poète. Aucune, à la vérité, ne se retrouve dans les œuvres de Bach qui ont été recueillies. Mais il se peut que les cantates aient été perdues, ou adaj)tées à d'autres paroles faites par Bach sur ces textes.
secrétaire de la cour : « Le 6 novembre, le maître de concert et organiste Bach, jusqu'à présent en fonctions, a été mis aux arrêts à la maison de justice, à cause de son acharnement à vouloir obtenir son congé par force. Le 2 décembre il a été libéré avec notification de sa disgrâce \ »
Après ce dénouement lamentable, Bach fut recueilli par le prince d'Anhalt-Kôthen, dont les offres pressantes avaient évidemment déterminé le musicien à tenter, par tout moyen, de sortir de Weimar. Né en 1696, Léopold, après avoir passé quelque temps à la Ritterakademie de Berlin, avait voyagé en Hollande, en Angleterre et en Italie. Il était profondément musicien, savait jouer de plusieurs instruments, et avait une voix exercée. Il traita Bach avec affection. Les quelques années que le musicien vécut à Kothen furent certainement les plus douces de sa carrière. Ses fonctions ne l'absorbaient pas. Il n'avait guère d'autre musique à faire que de la musique de chambre. Point d'orgue, point de grand chœur à former, à diriger, plus de luttes religieuses. Le tumulte, les hâtes, les mauvaises volontés qui avaient, jusqu'ici, contrarié l'action de Bach n'étaient plus que des souvenirs. C'était le repos dans l'accomplissement continuel de