I. M. le II' Thomas, professeur au Gy'nnasinm d'OIirdruf, a
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prit part à tous ces travaux avec intelligence et assiduité. L'année de son entrée en troisième, il est en même temps le plus jeune et le premier de ses condisciples. La deuxième année, il garde le même rang, descend un peu en Secunda^ mais regagne la seconde place dans la période suivante.
D'autre part, il faisait de la musique avec passion. Les auteurs de la notice nécrologique racontent, de ces années d'apprentissage, une anecdote touchante et caractéristique. En voici le résumé. « Un livre rempli de pièces de clavecin des maîtres les plus célèbres de ce temps, Froberger, Kerl et Pachelbel, lui avait été refusé par son frère, on ne sait pour quelle cause. L'armoire oi^i Johann-Christoph plaçait ce recueil n'était fermée que d'un simple treillis. Bach put passer sa petite main au travers du grillage et tirer le cahier qui n'était que broché, en le roulant dans l'intérieur de l'armoire. 11 le copia ainsi pendant la nuit, quand tout le monde dormait, et à la clarté de la lune. Après six mois, cette proie musicale était entre ses mains. Il
trouvé dans les archives de cette école des renseignements nouveaux sur le séjour de Bach à Ohrdruf. Je me suis servi de son travail pour compléter les indications de Spilta. Cette étude est publiée dans le Jahresberichl des Grdflich Gleichenschen Gymnasiums... zii Ohrdruf (Ohrdruf, i9<'o). Je dois communication de ce bulletin à M. le D' Langer, directeur de l'établissement. Je me permets de le remercier ici très vivement pour son accueil svmpalhique, lors de mes recherches ii Ohrdruf.
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cherchait à en faire usage quand son frère découvrit la chose et lui enleva sans pitié la copie qu'il avait faite avec tant de peine. La déconvenue d'un avare qui a perdu, sur le chemin du Pérou, un vaisseau chargé de cent mille thalers peut vous donner l'idée de la déception du petit Jean-Sébastien \ »
Ce fut sans doute cette fièvre d'apprendre qui soutint Bach quand, le i5 mars 1700, il lui fallut abandonner le lycée d'Ohrdruf, et partir pour LiJneburg où il espérait finir ses classes à l'école Saint-Michel. On a dit que son départ fut causé surtout par la gène où vivait son frère, déjà chargé de famille, et mal payé de l'église. D'après les archives du lycée, Jean-Sébastien s'en alla parce qu'il n'avait plus d'hôtes pour le nourrir. Remarquons cependant qu'il était en mesure de subvenir, pour une part assez considérable, aux dépenses de son frère. Les élèves qui chantaient au chœur recevaient une certaine somme d'argent pour leurs services. On les payait pour les enterrements et pour les mariages. L'un d'eux gagna, en moins de six ans, plus de 89 thalers". Il est à présumer que
1. Mizler, Musikalische Bibliothck, i" parlie du 4« voliiiue, p. 160.
2. Ou 128 florins (florenos solidos). Johann Christoph Unch n'uvait de l'église que 4?) florins (Giilden), du grain et le bois de chauffage. En i6y6, on l'augmenta de lo florins.
le jeune Bach avait aussi un salaire. Un autre élève d'Ohrdruf se rendit à Lùneburg avec Bach, Georg Erdmann, né en 1682 à Leina, village situé aux environs de Gotha. Leina était le pays du cantor Herda et Erdmann était entré au lycée, en troisième, le 17 janvier 1698, dix jours après que Herda eût été installé comme régent de cette classe. Or Herda avait passé six années à Liïneburg. Son père, simple maréchal ferrant, avait appris, au cours d'un voyage en cette ville, que le cantor de l'église Saint-Michel cherchait, pour son chœur, un de ces petits Thuringiens à la voix assouplie par le chant des motets, cette suprême école de précision et de fermeté. L'artisan proposa son fils, qui fut ainsi élevé gratis. Herda avait peut-être été sollicité par Braun, successeur de son maître P.-E. Praetorius, de lui envoyer quelque soprano bien formé. H paraît vraisemblable que Bach fut déterminé à partir par Erdmann, et qu'Erdmann se présenta à Lùneburg, muni d'une recommandation spéciale de Herda. Dans la liste des quinze choristes de la manécanterie [Mettenchor) de Saint- Michel de Liineburg, ils paraissent, au mois d'avril 1700, Erdmann le neuvième, Bach le dixième. Au mois de mai, par suite du départ d'un de leurs condisciples, ils avancent d'un degré, mais Bach se trouve encore après PiKuo. a
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Erdmann. Tous deux faisaient partie des soprani. Les auteurs de la notice nécrologique rapportent que Bach avait alors une voix d'une rare beauté. Elle disparut bientôt. Un jour, on s'aperçut qu'aux tons du soprano se mêlaient, quand l'adolescent chantait, des notes graves. On eût dit que sa voix s'était dédoublée. « Pendant huit jours, il ne put chanter ou parler qu'en octaves. Après quoi il perdit entièrement le registre du soprano ^ «
Dans la classe de Prima du Michaelis-Gy m n asium, les élèves expliquaient VEnéide et les Catilinaires, et apprenaient, du recteur Joh. Biisch, les principes de la rhétorique. On commentait de plus le De officlis^ quelques poèmes d'Horace et Ton étudiait, dans le Compendiiim de Hutter, les doctrines de la grâce, des bonnes œuvres et de la pénitence. Tel était du moins le plan d'études pour 1695. En 1700, il devait avoir peu changé ^.
A en juger par la bibliothèque musicale de l'école, le chœur avait un répertoire fort étendu. Parmi les œuvres anciennes, amassées par les maîtres de chapelle Christian Praetorius (iSyj- 1097) ®t Burmeister (i6o4-i634) se trouvaient les