‹ J.S. Bach (volume 2)Chapitre 48 sur 64 · I. B.-G., XI · texte numérisé non relu

I. B.-G., XI

•}.. B.-G., XXIX (Cantate hui fr.ir/iir). (IpUp <i"tivro est do 1752.

3. B.-G., XXIX. C csl bien à torl qu'on (lési(rnc, en France, celle cantate sous le titre pesant de Cantate sur l'abus du café. On lui donne ainsi une physionomie prèeliense qu'elle n'o pas en ri'nlité. Celle rruvre ihilc de i "'îa environ.

ŒUVRES DIVERSES loi

familière de Gœthe, Her matin et Dorothée. Bach préside à leur jeu avec une sympathie qui n'est pas toujours ironique. On devine que ce prêtre des religions du cœur a confié à Lieschen et à son père le soin de célébrer pour lui, en des rites naïfs et tendres, le cuite du foyer.

Nous avons vu que la dernière composition de J.-S. Bach avait été un choral pour l'orgue, qu'il dicta, peu de temps avant sa mort, à son gendre Altnikol. Ses premiers essais de musique instrumentale furent aussi, vraisemblablement, des pièces faites sur des cantiques allemands. Les jeunes organistes débutaient par des exercices de ce genre. Cet apprentissage de Tart de l'organiste se faisaitgénéralement sur le clavecin ou sur le clavichorde : on n'autorisait les élèves à s'essayer sur l'orgue que s'ils étaient assez habiles déjà pour ne point outrager, par de grossières maladresses, l'instrument consacré. Et, d'antre part, en répétant les mélodies saintes, ils entretenaient dans leurs maisons une sorte de prière, un peu balbutiée, sans doute, ressassée péniblement et pleine de fautes, mais les oreilles pieuses pouvaient y trouver le même charme qu'à ces phrases de psautier que les enfants épè-

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lent, aux petites écoles. D'ailleurs, le choral, qui est Tâme de la musique religieuse luthérienne, avait ses racines mêmes dans le cœur du peuple. Tout ce que les fidèles d'avant la Réforme avaient aimé des mélodies grégoriennes revivait en ces prières nouvelles. On peuty reconnaître le vieux chant des clercs, ralenti et traduit pour que chacun le redise en le comprenant. Mais Ton y trouve aussi les traces des anciennes complaintes germaniques faites pour l'église, et le souvenir de quelques mélodies profanes y transparaît encore.

Ainsi formé, le cantique protestant, où se reflète la pensée allemande en ce qu'elle a de plus profond, ne pouvait manquer d'avoir luie place au foyer. Les plus anciens chorals de Bach sont écrits pour le culte domestique, plutôt que pour le culte de l'église. Je veux parler ici de ces suites de variations {Partité) sur les cantiques Christ, der du bistder helle Tag, 0 Gott^du frommer Gott^^Ach wassoll ich Siindcr maclien?^ On reconnaît le style de Georg Bôhm dans ces arabesques de la mélodie ornementée et dans l'emploi du basso ostinato. Mais, dans ces phrases où se fond la rigidité des thèmes donnés, Bach

I. B.-G., XL. p. 107 et 114. Ces Part ile sont uussi publiées dans le cinquième volume des pit-cps d'orpuc •'■dilées chez Pclers.

a. B.-r,.,XL, p. i8i,.

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témoigne déjà de son admirable richesse d'imagination et de son ampleur lyrique. L'écriture est d'ailleurs bien plutôt l'écriture d'un claveciniste que d'un organiste. Dans la première strophe de chacune de ces suites, la mélodie est accompagnée lourdement : les Parlite diverse sopra Christ, der du bist der helle Tag ont ce début :

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Ce n'est pas la polyphonie continue de l'orgue. De plus, dans ces Partite, la pédale n'intervient qu'une seule fois d'une manière distincte, et encore, elle est écrite ad libilum^ et sous une

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forme plus propre à la pédale du clavecin qu à la pédale de l'orgue '.

Les Partite sur Sey gegrilsset, Jesu gûtig-^ sont au contraire écrites certainement pour l'orgue. Dans l'exposition du choral les quatre voix évoluent élégamment. Plusieurs variations sont faites avec pédale obligée. Enfin toute la composition, quoique formée sans doute de pièces façonnées à diverses époques, témoigne cependant, dans l'ensemble, d'une plus grande maturité que les autres Partite^. Dans la première variation, écrite à deux parties seulement, Bach étire le thème uni du choral en longues vocalises, et, pour donner l'unité musicale à ce déploiement du thème, où le thème disparaît sous les fioritures, il répète, dans l'accompagnement, un motif obstiné, inspiré par les premières notes du choral. Voici les éléments de cette variation : d'une part, la mélodie fort simple du cantique (A), de l'autre l'ornementation de Bach (B) et le dessin de l'accompagnement (C) qui, dans le cours delà première variation, reparaît plusieurs fois en des tons différents (G).

I. Le choral Christ lag m Todesbanden (éd. Peter» VI, p. .\o) écrit sans cloute aussi pour le clavecin, est probablement de la même époque.

a. Ed. Griepenkerl et Roilzsch (Peters), V, p. 7G.

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