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Dans les dernières années de sa vie, ses yeux, qui avaient toujours été faibles, se perdirent peu à peu. Les nuits de travail de sa jeunesse avaienl depuis longtemps, fatigué sa vue, déjà médiocre. Le mal devint si grave qu'il consentit à s'abandonner aux mains d'un oculiste de Londres qui venait d'arriver à Leipzig. Il subit une opération qui ne réussit point. Elle fut renouvelée, échoua encore, et, à la suite de ce double insuccès, Bach, complètement aveugle, se trouva tellement épuisé par le traitement que sa santé, jusqu'alors très vigoureuse, en fut irrémédiablement ruinée. Au mois de juillet 1700, ses veux semblèrent se régénérer. Ils s'illuminèrent lentement. Dix jours après avoir observé les premières marques de ce rétablissement, on aurait pu le croire entièrement guéri, car il voyait sans peine, et pouvait supporter la clarté. Mais c'était la splendeur prochaine de la mort, qui rayonnait en lui. L'illusion d'un retour à la vie dura quelques heures à peine, et il fut frappé d'apoplexie. Une lièvre violente suivit. « Malgré les soins de deux des plus habiles médecins de Leipzig, il mourut, le 28 juillet 1750, à neuf heures un quart du soir. » Il avait encore travaillé avec son gendre Altnikol fort peu de temps auparavant. Il lui dictait un choral pour orgue, sur la mélodie du cantique : « Quand
nous sommes dans les périls extrêmes. » Mais il lui en fit changer le titre, et écrire, au lieu des paroles de détresse : « Je comparais devant ton trône l. « Tels furent sa dernière prière et le dernier présent de son âme croyante.
Le vendredi suivant 3i juillet, le matin, on enterra Bach au cimetière de l'église Saint-Jean.
De son premier mariage avec Maria-Barbara, fille de Joh-Miehael Bach « un brave compositeur », lisons-nous dans la notice nécrologique, Bach avait eu sept enfants. Trois d'entre eux survécurent à leur père : la fille aînée, Katharina-Dorothea (1708-1774)5 Wilhelm-Friedemann (17 10), alors directeur de musique et organiste de la Marktkirche de Halle, et Carl-Phiiipp- Emanuel (17 14), musicien de la chambre du roi de Prusse.
Anna-Magdalena Wùlkenlui avait donnétreizc enfants. L'aîné des fils, Gottfried-Heinricl) (1724-1763), « un grand génie resté enfant », devint une sorte de personnage de légende. C'est en effet à lui, sans doute, que doit se rapporter ce que l'on a écrit sur un certain David Bach qui, simple d'esprit, ignorant de toute technique musicale, improvisait, au clavecin, des poèmes sonores, étranges, mélancoliques et profonds, qui faisaient pleurer. Elisabeth-