Mercure galant de décembre 1682, p. 386 et
■2. Voyez la sarabande publiée dans le numéro de janvier du Mercure galant (ît'.S [) .
3o J.-S. BACI1
couru K's pays où vivaienl huit de musiciens renommés.
Bach fréquenta sans doute aussi, à Weimar, un musicien bien connu de sa famille, l'organiste de la cour, Johann Effler, qui avait été, à GehreB le prédécesseur de MichaelBach, puis à Erfurt, le successeur de Johann Bach. On peut même admettre qu'il servit quelquefois de suppléante cet artiste, alors âgé. Il est en effet désigné sous le titre d'organiste de la cour à Weimar, dans un acte qui l'ait partie des archives de la ville d'Arnstadt. Le 1 3 juillet 1703, on mentionne la venue dans cette ville du sieur Johann-Sebastian Bach, « organiste de la cour princière de Saxe, à Weimar ». Il avait été prié d'inspecter et d'inaugurer l'orgue construit à la nouvelle église1 par Johann-Friedrich Wender, facteur de Mùhlhausen en Thuringe. Sa réputation d'organiste commençait ainsi à se fonder. On lui offrit de rester organiste de cette église dont il venait de faire entendre l'orgue pour la première fois. Il accepta et entra en charge au milieu du mois d'août 170.'). Son salaire était assez important, si l'on considère qu'il débutait, pour ainsi dire dans la carrière d'organiste, et qu'il n'avait que
1. C'était l'ancienne Bonîfaziuskirche, presque ruinée lors de l'incendie d'Arn9tadt (1:181) et restaurée depuis i683. L'orgue avuit été entrepris en 17m. On s'en servait déjà avant qu'il ne fût complètement terminé. [Incertain Borner le jouait alors.
LA VIE 3i
dix-huit ans. Le service n'était pas pénible. Bach devait jouer le dimanche matin de huit à dix heures, le jeudi matin de sept à neuf heures et le lundi à la prière. L'orgue renfermait vingt-quatre jeux etavait deux claviers et un pédalier. Le soin de former et de diriger le chœur d'écoliers de l'église était à la charge de l'organiste. Spitta présume que c'est pour ses élèves d'Arnsladt que Bach écrivit la cantate de Pâques Demi du wirst meine Seele nicht in der Hôlle lassen\eA qu'il lit exécuter en 1704 ce lie œuvre qu'il remania plus tard. Il écrivit sans doute vers le même temps, pour le clavecin, une œuvre de caractère descriptif, le Capriccio sopra la lontananza ciel sno fratello dilettissimo- . Cette pièce, à la fois émouvante et pittoresque, fut composée lors du départ de Johann-Jakob, son frère aîné, qui s'était enrôlé comme musicien dans l'armée de Charles XII.
Les auteurs de la notice nécrologique assurent que ce fut à Arnstadt que Bach laissa paraître « les premiers fruits de son zèle dans l'étude de l'orgue et dans la composition que, pour la plus grande part, il n'avait apprise que par l'examen des œuvres des compositeurs célèbres et profonds du temps et par sa propre réflexion. Pour l'orgue, il prit
1. Cette cantate porte le n° i5 dans l'édition de la Back-Gcsellschafl. Dans le cours de cette élude, je désignerai ainsi par leur numéro de classement les cantates d'église de Bach (B.-G., id).