B.-G., XVII, p
4. Bach emploie ce concerto entier comme introduction à la cantate Ich habc meine Zuversicht (B.-G., 188).
maint détail, et la cantate Nun ist <l<ts Heil und die Kraft*, qui n'est formée que d'un puissant double chœur accompagné de l'orchestre.
Quelques œuvres écrites pour des solistes peuvent provenir aussi de cette période. Deux de ces cantates portent le titre de Dialogus : Selig ist dcr Mann, der die Anfechtung erduldet* et Liebster Jesu, mein Verlangen*. La première de ces deux compositions est d'une grande beauté de sentiment. Dans la cantate Susser Trosl, mein Jcsus kômmt*, le premier air est dune pureté incomparable. Au contraire, dans l'air de basse de la cantate Meine Seuffzer, meine Thrànen*, le musicien accumule, pour dire la détresse du pécheur, les motifs les plus rudes et les plus sombres. Enfin, dans la cantate Es reifet euch ein schrecklich Ende*, la basse prédit avec une véhémence terrible les châtiments que Dieu prépare au pécheur. Gomme toutes les cantates pour solistes que je viens de citer,la cantate pour le dimanche de Quasimodo, Ain Abend aber dessclbigen Sabbalhs1 est com-
a. li.-G , 57.
posée pour plusieurs solistes. L'introduction et un duo pour soprano et ténor, accompagnés du basson et du violoncelle, jouant à l'unisson, sont particulièrement remarquables.
Il nous reste à étudier une série de cantates composées sur des chorals. Nous devons signaler tout d'abord quelques compositions où la mélodie du choral est traitée de manière inaccoutumée. Ainsi, dans la cantate faite sur le choral de Hans Sachs Warum betrùbst du dich, mein Herz 4, les deux premières strophes sont chantées successivement, mais entremêlées de récitatifs. Le chrétien se lamente, pleure sur sa pauvreté, sur l'amertume de sa vie, il souhaite la mort. A toutes ces plaintes, la parole grave du choral répond par une phrase de consolation. On ne saurait exprimer avec plus de justesse les gémissements de la douleur individuelle, que la prière commune absorbe et apaise. Un émouvant récitatif de basse prélude à la seconde strophe, vers la fin de laquelle l'alto soupire, comme le dit très bien M. Arnold Schering, « le Lied de la pauvreté que nul, avant Bach, n'avait chanté d'une manière aussi touchante- ». Nous trouvons
1. B.-G.. i38. Celte oeuvre lut peut-être écrite vers i;33. 1. Baclis Textbehandlung (1900), p. 3a.
encore le choral parsemé de réflexions personnelles dans la cantate Wo Goll der Herr nicht bel uns hait1. Dans la cantate Ich elender Mensch2, le choral est simplement joué par les instruments, pendant le premier chœur, et chanté à quatre1 parties, à la fin.
Les cantates sur des chorals de cette dernière partie de la vie de Bach ont maintenant pour nous, arrivés à ce point de notre étude, moins d'originalité que de puissance. Dans les œuvres qui précèdent, le compositeur a montré toutes les ressources de son imagination. Son vocabulaire expressif est fondé depuis longtemps, il ne s'enrichit plus, à vrai dire, et son style n'a point de qualités à gagner. Mais s'il ne nous révèle pas de merveilles nouvelles, le maître nous étonne, du moins, par l'autorité avec laquelle il parle ce langage que nous connaissons déjà. Il le rajeunit par des audaces et par d'admirables excès. Comme le vieux Josquin de Prés qui seul, disait Luther, « faisait des notes ce qu'il voulait », Bach domine implacablement le peuple des
mélodies.
D'après I* li. Spitta, les cantates les plus anciennes de ce dernier groupe remontenî à l'année 1735. Ce sont les cantates Was frag' ich
nach (1er Welt1, Wo soll ich fliehen hin2 et Ich freue mich in dir3. Enfin il juge que l'on peut dater du ier janvier 1786 la cantate Jesu nun sei gepreiset* . Dans le premier chœur de cette cantate, le mouvement, d'abord assez animé, s'apaise quand on en vient à ces mots : « Car nous avons accompli l'ancienne année dans une heureuse quiétude. » Pendant la môme phrase, les fanfares des trompettes s'interrompent et l'accompagnement ondule doucement. Dans les interludes du' dernier choral apparaît la somptueuse figuration d'orchestre qui brille dans le premier chœur.
Dans la cantate Ach Gott, vom Himmel sieli1 (larcin'1', le premier chœur est fondé sur le thème du choral. Ce chœur tient à la fois du motet purement vocal et du prélude au choral écrit pour l'orgue. Par la disposition des voix que les instruments ne font que soutenir, il se rapporte à la première forme tandis que le procédé suivant lequel chacun des fragments de la mélodie exposée estannoncé par des entrées des voix en « imitations » le rattache à la seconde.