‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 101 sur 134 · LEURS OUVRAGES · texte numérisé non relu

LEURS OUVRAGES

La ville de Marseille, ayant eu à se louer des services que le prince de Marsan, son gouverneur, lui avait rendus en défendant ses intérêts économiques « dans l'affaire du privilège du vin contre les entreprises des patrons catalans et napolitains », le conseil de ville, sur la proposition du maire, décida d’offrir au prince son portrait — 8 avril 1776 — et autorisa toute la dépense nécessaire.

Avec rhomologation de l’intendant de Provence, Sénac de Meilhan, à qui la ville de Valenciennes rendra en 1783 le même hommage, la délibération du conseil est présentée au prince de Marsan, par Iluguct, l’agent de la Communauté à Paris, en lui laissant le choix du peintre. Le prince reçoit « cet hommage avec bonté, intérêt, sensibilité et satisfaction ». De peintre, il n’en connaît pas, et il donne à la ville carte blanche à son sujet.

Iluguct, comme l’abbé Nardi, l’agent d’Avignon, est singulièrement diligent et bien informé. Il propose à la ville de s’en rapporter là-dessus à Nogarct « à raison de la connaissance particulière qu’il a dans la peinture et de son goût pour col art qui le met à portée de

connaître les artistes en ce genre et d’apprécier le mérite de chacun ». Nous savons par là auprès de qui seront puisées les appréciations que l’on trouvera plus loin sous la plume de Huguet.

Félix Nogaret, né à Versailles en 17^0, était entré à 21 ans dans les bureaux du ministère de l'Intérieur; il était en 1775 premier commis du duc de la Yrillière, et Huguet, en bonnes relations avec lui, avait les moyens de servir ainsi la ville de Marseille, dont il lui recommandait les affaires. Selon une tradition fort ancienne, Nogaret, sans négliger l'administration, cultivait les lettres ; il passait pour homme d’esprit. On lui doit divers ouvrages, publiés avant la Révolution, notamment Le fond du sac et l’Aristénète français, et plus tard deux volumes de contes en vers. Dès 1795, il occupe de nouveau un emploi, celui de censeur dramatique, que Fouché lui retira en 1807. Il mourut en 1 83 1 .

Les corrrespondants étant connus, nous citerons plusieurs lettres qu’ils ont écrites ou inspirées. Les maire, échevin et assesseur de la ville qui signent ensemble, rappellent queTocqué fit en 1748, pour cinquante louis, le portrait de M. de Saint-Florentin et demandent si cet artiste « existe encore ». Huguet passe la plume à Nogaret qui répond directement. Voici les pièces de ce dossier tiré des archives de Marseille1, et qui est intéressant et piquant par les révélations qu’il apporte sur un certain nombre de peintres et de graveurs de l'époque :

De Mr Nogaret, Iet Commis du duc de La Vrillière, à MM. les Maire, Échevins et Assesseur de Marseille.

Messieurs,

Je suis encore cause du retard que Mr Huguet a apporté à vous répondre sur la dernière lettre qu’il a reçue de vous au sujet du portrait de M' le prince de Marsan dont vous luy avez désigné la place dans votre hostel de ville.

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