PORTRAITS DE MARIE- ANTOINETTE
perte est devenue presque incalculable pour le Sr Duplessis quand une fois l’idée du portrait de la reine a été abandonnée et que les gens non instruits ou malveillants ont pu introduire l’idée que les talents du S1' Duplessis n’y auraient pas suffi.
L’exécution du portrait de la reine, dans le costume indiqué eût pu lui valoir 20 à 2/iooott et le point auquel ses études avaient été portées, combiné avec les frais de ses voiages, équivalant au moins au tiers de ce qu’il aurait gagné, semble pouvoir être la mesure de la grâce qu’il implore et dont ses malheurs lui font un besoin qu’il avait presque oublié depuis cinq ou six ans.
Le mémoire porte de la main du roi le mot Bon, de la main du comte d’Angiviller : « Sa Majesté a fixé à huit mille francs le dédommagement demandé par le Sr du Plessis » et la date du 2 5 septembre 1785'.
M. P. de Nolhac a eu l’heureuse fortune de pouvoir acquérir une des préparations exécutées pour ce portrait, à une époque qui doit être fixée, d’après le document reproduit ci-dessus, vers les premiers mois de l’année 1772. Marie-Antoinette va avoir 17 ans; l’esquisse, qu’il m’a été permis de voir, donne bien cette impression de jeunesse2.
Elle a un incontestable caractère de vérité, ainsi que le ditM. de Nolhac, et sans doute Duplessis, averti qu’il ne devait point perdre de temps, a noté sur sa toile, aussi vite que sa lenteur proverbiale le lui permettait, les traits caractéristiques de la Dauphine : « les yeux gros et ronds, le front bombé, la lèvre autrichienne, son pinceau sincère a tout dit; les lignes très longues du cou, le blond poudré de ses cheveux, le bleu caressant des regards sont indiqués également... »
Le morceau est gras, enlevé et habile. Marie-Antoinette est placée à son avantage, tournée en face de manière à réduire dans une lumière