‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 22 sur 134 · DU CHEVALIER GLUCK · texte numérisé non relu

DU CHEVALIER GLUCK

Au Salon de 1773, le livret mentionne divers portraits exposés par Duplessis avec le nom des personnages et, sous le n° 172, plusieurs portraits sans désignation. Nous avons pu en identifier deux.

Le premier tableau est un souvenir de famille « où l’on voit feue Mmc la duchesse d’Aiguillon, à l’âge de 32 ans, et M. le duc d’Aiguillon, son fils, à 1 âge de i4 ans ». Les têtes sont peintes d'après Nattier.

Un autre représente M. Roux, secrétaire du roi, correspondant de l’Académie royale d’architecture.

L un et l’autre sont à peine cités dans les comptes rendus, si ce n’est la duchesse d’Aiguillon. Daudé de Jossan prête ce dialogue aux interlocuteurs qu’il met en scène :

« Mylord. — Voilà un beau caractère de tête de femme.

L’abbé. — Mylord, cette dame avait la tête aussi bien meublée audedans qu elle était belle au-dehors1. »

1. Eloge des tableaux exposés au Louvre, suivi de l’Entretien d'un Lord avec M. l'abbé A..., p. 52.

L’abbé Bossut, de l’Académie royale des sciences, collaborateur pour les mathématiques à Y Encyclopédie, qui devint membre de l'institut et examinateur à l’Ecole polytechnique, a plus de succès. Les Mémoires secrets, non sans une restriction, l’admirent à leur façon : « M. Duplessis se distingue toujours par ses figures vivantes qu'anime son coloris vigoureux. L’abbé Bossut prend du relief sous son pinceau ; il respire et sa tête semble s’élancer hors de la toile. Des teintes trop claires sur sa soutane, lui donnent un éclat blanchâtre, qu elle ne peut jamais avoir L »

Daudé de Jossan fait dire de même :

« — Mylord, il me paraît détaché de la toile.

— Ce tableau est d'un maître qui a son faire à lui. »

Et l’auteur des Dialogues sur la peinture écrit de son côté :

« Milord. — Je confierais volontiers... ma tète au peintre de cet abbé que vous voyez là près.

M. Demi. — C’est M. l’abbé Bossut par M. Duplessis, dont voilà encoi’e quelques autres portraits ; mais on les trouve froidement et gauchement composés.

Milord. — A la bonne heure, M. Remi. Mais je vous parle têtes et celles-là sont bien faites. »

Le Dévidoir du Palais royal donne la palme à ce portrait frappant

Enfin, dans les lettres sur les Salons de 1773, 1777 et 1779 à la Margrave de Bade par du Pont de Nemours, on trouve la même note élogieuse. L'auteur 11e sait lequel nommer le premier des deux peintres de portraits qui exposent, « tous deux ayant un si grand mérite2 » et il suit l’ordre « qu indique le rang qu ils tiennent dans 1 Académie ». Au sujet du portrait de h abbé Bossut, il déclare que M. Duplessis « simple agréé, ne laisse personne devant lui ».

La gravure d ’llenriquez nous montre ce savant en soutane et rabat, assis devant une petite table, manœuvrant un compas de mesure; ses

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