septembre 1778, p
a. L’autre est Roslin, Nouo. archives de l'Art français, 1908, pp. a5-a6.
LES SALONS DE j773 ET i775
grands yeux regardent au loin, à droite. Figure pleine, grasse même de l’homme de cabinet, à double menton.
Parmi les portraits inscrits sans désignation sous un même numéro est celui de Marmontel. Les comptes rendus du Salon veulent voir là une marque de modestie ; ce portrait, d’après le Dévidoir du Palais royal, « est assez médiocre ». Les Mémoires secrets en disent quelques mots de plus : « On le reconnaît pour un écrivain à la plume qu’il tient, plus qu’au feu dont ses yeux sont animés ; ce qui donne de l’esprit à cette tête, mais en ôte la ressemblance, l’académicien ayant, au contraire, l’air extrêmement froid1 2. »
A la galerie des portraits nationaux (Exposition universelle de 1878), M. Alf. Firmin-Didot avait envoyé un portrait de Marmontel, dont l'auteur inconnu paraît bien être Duplessis. Il est assis devant une table et tient une plume. Derrière lui, un rideau couvre à demi une bibliothèque ; trois volumes portent le titre des trois tomes des Contes moraux. C’est bien Marmontel, et c’est bien le procédé de notre peintre : front en pleine lumière, bon dessin, coloris sobre. L’habit et la culotte sont d’un rouge vermillon qui n’offense pas le regard. Le gilet est de soie verte à broderies d’or, soignées, ainsi que les dentelles, comme à l’ordinaire.
L’abbé Arnaud dit, sur un portrait de Marmontel, un mot qui manque de charité chrétienne. L'homme de lettres refusait de le payer, alléguant qu’il était affreux, avec des yeux énormes : « Et de quoi se plaint-il, s’écria son confrère, excité par les polémiques sur la musique de Gluck ; il a voulu qu’on lui fît des yeux de génie ; il fallait bien les lui mettre hors la tête2. »
Si l’on rapproche cette anecdote de l’article des Mémoires secrets, on peut croire que l’abbé Arnaud, en assénant ce trait au partisan de Piccini, a voulu en même temps prendre la défense de son ami Duplessis, et que la toile impayée était celle de son compatriote. C’est vraisemblable, car le portrait de la collection Firmin-Didot a des yeux