i4 septembre 1773, p. i4o
2. Paris, Versailles et les provinces au XVIIIe siècle, t. I, p. i73.
gris bleu réellement un peu gros. Il est à comparer avec celui du Louvre, par Roslin ; celui-ci symphonie de vert ; celui-là symphonie de rouge, plus académique, plus sérieux : l’autre plus familier avec son foulard autour de la tête, et plus vivant; tous deux ayant leurs qualités, mais le portrait de Roslin, plus éclatant, devant plaire davantage au public; celui de Duplessis étant mieux dans le caractère du personnage1 2.
Nous savons par les Mémoires secrets qu'au Salon de 1773, parmi les toiles de Duplessis exposées sous le même numéro sans désignation, pour ménager, paraît-il, la modestie du modèle, figurait le portrait de M. de Boullongne, intendant des finances, « qui par son nom seul mérite les hommages de la peinture »\ Figure grave, visage plein et gras, double menton, corps replet, liras gauche campé sur le dossier du fauteuil où est assis en habit gris de fer, ce personnage de la finance; c’est une de ces curieuses figures que Duplessis a laissées du personnel administratif de l’ancien régime et qui, pour la plupart, ont perdu leur état civil.
Ce portrait était resté dans la famille et c’est en 1 856 , à la vente après décès du mobilier d’Anne Chaperon, épouse de Paul-Espril- Charles de Boullongne, comte de Nogent, fils légitime de Jean-Charles de Boullongne, ancien conseiller d Etat et intendant des finances, qu’il a été acquis3. L’identité du modèle est certaine et le nom du peintre ne saurait faire aucun doute. Dans le même lot de mobilier,
1. Diderot est fort sévère pour Roslin qui expose ce portrait en 1767. « tl est ressemblant, mais il a l’air ivre, ivre de vin, s’entend; et l’on jurerait qu'il lit quelques chants de sa Neuvaine (de Cyth'ere ) à des filles. Le bleu fort de ce mouchoir de soie qui lui ceint la tête, est un peu dur, et nuit à l’harmonie. »
2. Il descend de Louis Boullongne, peintre illustre par Louis XIV (note des Mémoires secrets ). Il est conseiller d’Etat ordinaire et au conseil roval. Le procès-verbal de la séance tenue le 27 janvier 1787 par l’Académie énumère tous ses titres et qualités, parmi lesquels sa famille ayant omis celui d'Honoraire Amateur de l'Académie, cet oubli avait donné lieu à un incident; la remarque en avait été faite à Madame de « Boullongne » par le secrétaire; non seulement elle avait répondu en faisant réparation de cet oubli involontaire, mais encore son fils était venu « pour confirmer de bouche ce qu’elle lui avait écrit » .