Chalcographie du Louvre
de l’instruction publique de la Convention nationale, quelles économies il fit dans cette circonstance, pour ne guère coûter à la Direction des Bâtiments.
En effet, son mémoire ne dépasse pas trois cent soixante livres1.
Il travaillait simultanément, à cette époque, à un portrait en pied et au portrait en buste, qu’il exposa au Salon de 1775. Il était loin d’en être satisfait, et il attendait une dernière séance promise par le roi. Six jours avant l’ouverture, il ne l’avait pas eue, et ceci explique le retard de son envoi et l’absence de toute mention au livret. Le buste fut donc placé dans l’état où il était2 ».
Le Directeur des Bâtiments dit « que tout Paris vit avec transport au Salon le portrait du Boi ». Le monarque et la peinture inspirèrent un médiocre rimeur du nom de Nodille de Rosny qui fit imprimer une Epitre à Duplessis. Elle commence ainsi :
Quelle touche savante, et quel riche pinceau !
Duplessis, à bon titre, on vante ton tableau !
Quel ensemble plus vrai ! Conforme à la nature,
Des traits d’un Roi chéri c’est une image pure.
L’auteur s’exalte sur le talent d’un artiste qui a su rendre « cet air de majesté » et permis « de lire sur son front les vertus de son cœur ». Puis il réclame aussi la reproduction des traits de la Reine :
Louis, j’ose le dire, en serait enchanté,
De son auguste épouse, offre-lui la beauté...
Ton sublime pinceau lui doit, cher Duplessis,
L’hommage d’un sujet plein de zèle et soumis.
1. L’ordonnance est du 26 septembre 177b; elle a été publiée par M. Engerand.
2. Il fallut attendre la séance de pose pendant plus de sept mois encore. Aussi Duplessis ne revint-il pas sur ce buste, dont des copies lui furent immédiatement commandées et dont il fut sollicité de permettre la gravure. D’Angiviller à Duplessis, ig avril 177b. — Lettre d’Angiviller, 5 nov. 1775.
Enfin, il suggère une idée :
Maintenant il nous manque une autre jouissance ;
Qu’une gravure exacte enrichisse la France,
Que Wille soit chargé de suivre ton dessin,
Pour le faire correct il n’est que son burin,
Ton chef-d’œuvre, animé du feu de ton génie,
Répandra par son art une nouvelle vie.
A la vérité et sans courtisanerie, la peinture est bonne ; elle est louée par tous les critiques. Celui des Mémoires secrets juge le portrait « infiniment mieux » que celui de Mademoiselle, par Drouais.
« En conservant la vérité de la ressemblance, il a donné à la tête un air plus auguste par son attitude noble et imposante. La main passée sous la veste est d une grande correction1; les étoffes sont d'une couleur vraie, mais n’ont point assez de grenu, ce qui leur donnerait le relief nécessaire pour faire illusion \ »
Le Mercure de France est plus élogieux :
« Le concours des spectateurs s’est arrêté devant le beau portrait de S. M. Louis XVI, peint à l’huile par M. Duplessis.
« Ce portrait ainsi que ceux de M. Allegrain, sculpteur, et de M. le chevalier Gluck par le même artiste, sont rendus avec une vérité dans la couleur, une fermeté dans la touche et une finesse dans la partie des détails, qui ne laisse rien à désirer. C'est la nature même, mais la nature animée et saisie dans son moment le plus heureux3. »
Dans la Lanterne Magique aux Champs-Elysées ou Entretien des grands peintres sur le Salon de i/jô, Fauteur fait crier : Vivat! par tous et Van Loo ajoute :
« Par Duplessis, à coup sur. Quelle couleur! quel dessein! quelle énergie ! »
L'art de voyager au loin sans sortir d'une chambre — Lettre à MUc de *** sur les tableaux exposés au Salon de iy’/5, loue Fauteur et
1 . Ceci est un peu exagéré, car on n’en voit qu’une petite partie.