Archives nationales, O
2. Le comte d’Angiviller l’annonce au comte de Vergennes, qui, on l’a vu, désire avoir une miniature peinte par Hall, et les détails qu’il donne sont assez importants pour être cités ici : « Il est vrai que M. Duplessis a eu une dernière séance de S. M., mais il résulte de l’éclaircissement qu’il m’a donné que le produit de celte dernière séance n’a pas été pour lui aussi avantageux qu’il l’espérait et que son inquiétude d’atteindre une perfection peut-être idéale le lui faisait désirer. Il pense que le portrait terminé qu’il a livré à M. Hall pour sa copie est aussi bien qu’il peut être, et désespérant de faire mieux, il est d’avis que M. Hall se contente de ce qu’il a déjà; il est certain, Monsieur, que le portrait d’après lequel ce dernier artiste a travaillé étant déjà amené à un point que tout autre que son auteur n’eût rien recherché de plus, et que vous ne risquez rien de vous en tenir là pour les copies dont vous avez besoin, puisque les artistes même ne voyaient plus rien à désirer dans l’oricinal. » A. N., 0‘ i9i3, pl. 5.
put terminer sa copie en miniature d’après le produit de la dernière séance que j’ay prise de Sa Majesté ; mais le portrait que j’ay livré à M. Hall est un portrait terminé et d’après lequel il peut terminer son ouvrage, c’est une copie aussi fidèle que j’ay pu le faire du portrait que j’ay fait l’an passé, si j’ay fait tout récemment une nouvelle tentative elle ne m’a pas parfaitement réussi, si ce dernier a quelque chose de mieux que le premier, le premier a aussi quelque chose de mieux que le dernier ; pour avoir quelque chose de mieux que l’un et l’autre, il faudrait en faire un qui eut le bon de tous les deux, c’est ce que j’ai essayé à plus d'une reprise et jusqu’ici je n’ay pu trouver ce que je cherchois ; en attendant que je le trouve je crois qu’il faut que M. Hall s’en tienne à ce qu’il a.
M. le Comte de Vergenes demande encore dans quel tems je pourrai m’occuper des portraits tant en pied qu’en buste dont son département a besoin. Pour les portraits en pied il faut auparavant qu'il y en ait un qui puisse servir de modèle aux autres, je n’attends que les habits pour le commencer, pour les bustes je pourrois dire que je pourroi les faire ou les faire faire dès à présent si M. le comte de Yergenes s’accomodoit de copies telles que le buste qui a paru au salon, mais je tiens de M. Hall que les portraits du Roy pour les Affaires étrangères doivent être habillés en manteau royal, il faut donc attendre si cela est vray que j’en aye fait un en manteau royal ce que je n’ay pu faire jusqu’ici puisque j’attends encore ces habits.
M. le Comte D'angivillers demande quels sont les habits du sacre qui me sont nécessaires ; avant de recevoir vottre lettre j’en avois parlé à M. Pierre ; s’il en est besoin je vous en parleray ici.
Le manteau royal, la tunique de satin cramoisi, qui est dessous, la culotte, les bas et les souliers, les boucles ou agrafes, car je ne sçais dequelle de ces deux façons ces souliers sont attachés, le colier de l'ordre, les gands, les manchettes, les jarretières, la cravate.
Si j’oublie quelque chose, ceux qui ont habillié le Roy le jour du sacre n’oublieront rien s'ils sont consultés. Mon intention est de tenter de tirer parti de cet habillement, mais j’ay observé que mes prédécesseurs tels que M. Yanloo, Rigaud et autres n’ont pris de l’habit du sacre que le manteau royal et qu’ils ont mis dessous l’habit des novices du S1 Esprit , si après avoir essayé de l’habit du sacre tel qu’il est dans toutes ses parties, je m’aperçois que ces Messieurs ont eu des fortes raisons de préférer ce mélange des deux habits, je prendrai corne eux cette licence, et il faut par conséquent