‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 36 sur 134 · LOUIS XVI · texte numérisé non relu

LOUIS XVI

(Collection A. Chevrie)

que j’aye encore l’habit des novices du S1 Esprit ; il est inutile que j’entre dans les détails de cet habillement, il me paroit qu’on doit demander que rien n’y manque puisque ceux qui le délivreront scavent mieux que moy de combien de parties il est composé. J’aurais du dire la même chose de l’habit du sacre que j’ay peut être imprudemment détaillé.

Je ne dois pas oublier que j’ay besoin de l’épée de Charlemagne avec son ceinturon, de la courone, du sceptre et de la main de justice1.

Duplessis.

Il était d’usage de prêter aux peintres du roi tout ce qui pouvait leur être utile, et, après Duplessis qui suit la tradition, Callet et Guérin se feront aussi délivrer les accessoires du costume du sacre. Mais quelle correspondance cela occasionne ! Les fonctionnaires de la cour, les ministres dont ils dépendent, les gentilshommes qui peuvent céder quelque objet en leur possession, les religieux qui gardent le Trésor de Saint-Denis sont occupés à rechercher « ces habillements sans lesquels il ne peut terminer un ouvrage dont tous les bons Français désirent avec impatience de pouvoir jouir 2 ».

Il faut une lettre de cachet du roi pour déplacer l'habit déposé à Saint-Denis. D’Angiviller la sollicite de M. de Malesherbes, ministre de l’Intérieur, et l’obtient, mais condition est faite à Duplessis d’aller retirer lui-même l’habit et le manteau royal et de les reporter lorsqu’ils ne lui seront plus nécessaires3. En lui notifiant le tout, le comte d’Angiviller dit au peintre : « Je présume qu'il ne vous manquera rien de ce que vous demandez, si ce n’est la couronne, l épée de Charlemagne, etc., mais il me paraît impossible de les déplacer; je pense que vous pouvez y suppléer en prenant sur le lieu des desseins. » Il lui annonce qu il écrit au duc d’Estissac afin que celui-ci lui remette l’habit de chevalier des ordres, et qu’il ait le choix entre ce

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