‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 38 sur 134 · Archives nationales, O1 1 g 1 3 , pl · texte numérisé non relu

Archives nationales, O1 1 g 1 3 , pl

3. Illusion, car Duplessis voudra obtenir deux ans plus tard une nouvelle séance du roi pour le retoucher. D'Angiviller parle de ce désir dans une lettre à Pierre du 13 octobre 177g .

3. Ce document (Arch. nat., O1 3o54) indique le temps, du 29 mai 1776 à la fin d’août 1777, que demeura le manteau royal dans l’atelier du peintre, et le prix de 120 livres réclamé par le fourreur Lherbette pour sa remise en bon état.

Ce n’est pas tout : l’habit de novice des ordres du roi qui avait été prêté à Duplessis, avec les jarretières à rosette d’argent et de dentelles, les souliers en toile d’argent et dont il existe un reçu signé par le peintre, ne put être restitué « s’étant trouvé trop flétri ». Laisser les objets chez lui [Duplessis], dit d’Angiviller à Pierre « ce serait achever de les perdre ». Il charge le Directeur de l’Académie de les retirer de ses mains et de les déposer « au cabinet des tableaux » ou dans un endroit plus convenable : coût, d’après estimation, 782 livres qu’il fallut payer au duc de Civrac.

L’accueil fait au portrait par les critiques ne fut pas des meilleurs. L’écrivain des Mémoires secrets se prononce avec dureté sur l’œuvre de Duplessis (il est vrai que le buste confié à Pajou n’est pas mieux traité : « il exprime la popularité, mais si bénigne qu elle en deviendrait niaise » ) ; celui du sculpteur Boizot « a plus de noblesse, mais on y critique une certaine finesse qui, au gré des courtisans, ayant l’honneur d’approcher le monarque, n’est pas l’attribut distinctif de sa tête ». Le respect s’en va. La Révolution approche.

Voici lapait faite à Duplessis dans ces comptes rendus :

Il ne faut point omettre le portrait en pied du Roi, trop remarquable et par la hauteur de la machine, et par la beauté du cadre, et par le personnage auguste auquel tous les Français viennent rendre hommage. Malheureusement on ne reconnaît Louis XVI qu’aux attributs de la Majesté qui l’entoure : des plaisans ont prétendu qu’à la tête près, il était très ressemblant. C’est que M. Duplessis, au lieu de chercher à rendre l’homme, avait voulu peindre le Monarque. Il n’a pas senti que l’humanité, la bonté, la popularité, la familiarité, si l’on peut s’exprimer ainsi, étant le caractère distinctif de la physionomie de notre Roi, il ne pouvait s’allier avec celui de la grandeur, de la fierté imposante, repoussante même qu’il a voulu lui imprimer. Du reste les détails sont soignés avec l’exactitude qu’on connait à l’artiste : il a toujours le coloris vrai et vigoureux1.

Regardez ce grand tableau, dit un autre écrivain2. C’est le portrait du jeune

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