‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 40 sur 134 · Vouu. arch. de l'art français, 1878, p · texte numérisé non relu

Vouu. arch. de l'art français, 1878, p

2. Ce sont MM. de Saint-Didier, premier commis au ministère de la Marine, et du Bois, commandant de la garde de Paris. L’une de ces copies, léguée au duc d’Aumale par la baronne de Saint-Didier, est au musée Condé.

PORTRAITS DE LOUIS XVI ET MANUFACTURES DE COPIES 75 peine, a touché. Quelques personnages demandent à faire exécuter la reproduction à leurs propres frais ; ils forment deux catégories : la première comprend ceux qui acquittent le prix directement à l’artiste ; la seconde ceux qui en font l’avance, mais attendent qu’elle leur soit remboursée; et ceux-ci ne manquent pas de jeter le comte d’Angiviller dans un cruel embarras, car il ne connaît pas cette rubrique. Dans certains cas, on livre le portrait sans la bordure, mais généralement J c’est Butteux qui sculpte ce cadre, qu’il fait payer un tarif à peu près égal à la peinture, car son chiffre à lui n’est pas discuté.

Pierre, souvent secourable, conseille au directeur de « déclarer la liberté » c’est-à-dire d’autoriser Duplessis à exécuter les copies qui lui sont demandées. Ainsi, dit-il « les Bâtiments seraient soulagés », ce qui revient à ceci : d’Angiviller n en entendrait plus parler et il n’aurait plus à s’occuper de la dépense.

En attendant qu’il prenne un parti, les commandes se suivent avec rapidité. Ce sont d’abord des lettres écrites en termes choisis, pour honorer les destinataires des copies, comme par exemple, celle qui concerne le cardinal de Bernis :

M. Duplessis.

i5 Mai 1776.

J’ai besoin, monsieur, pour M. le Cardinal de Bernis, notre ambassadeur à Rome, d’un portrait en buste de sa Majesté, tel que vous l’avez fourni aux Affaires Etrangères.

Connaissant votre manière de travailler, je présume que vous avez déjà plusieurs ébauches de tête amenées à un point de ressemblance qui n’exige plus que d’être retouchées d’après l’ouvrage de votre dernière séance. Il suffira pour abréger que la tête soit entièrement de votre main, le surplus peut être d’un de vos meilleurs élèves et retouché par vous ; je souhaiterai fort ne pas tarder d’être en état d’annoncer à cette Eminence le départ prochain de ce portrait, vu que les bontés dont il comble nos artistes à Rome me parait exiger de ma part celle marque de reconnaissance1.

D’Angiviller.

. i5 mai 1776, O1 1 9 1 3 , pl. 5, 11" 120.

En meme temps, Pierre est chargé « d’aiguilloner un peu M. Duplessis dont vous connaissez la lenteur », écrit d’Angiviller, en recommandant en post-scriptum de ne pas lui montrer cette lettre1!

Mais le Ilot monte, et alors le Directeur des Bâtiments ne prend plus la peine d’écrire une de ces épîtres courtoises dont l’Administration actuelle lui envie le secret; il est contraint d’ordonner plusieurs copies à la fois, et pour aller plus vite et payer un moindre prix, il nous apprend le moyen qu’il a découvert :

M. Pierre

A Versailles i5 Février 1777,

Comme les besoins, Monsieur, de donner quelques portraits du roy en buste sont sans cesse renaissans, il seroit nécessaire que M. Duplessis exécutât trois nouvelles copies de ce portrait, dont une de sa main, et les deux autres comme à l’ordinaire, c’est-à-dire la tète simplement terminée par lui même. Ces trois copies avec la quatrième déposée actuellement chez vous, en formeront quatre nouvelles qu’il portera dans ses nouveaux mémoires et que je vous autorise à certifier comme ouvrage fait pour le service de sa Majesté 2.

Vous connoissez les sentiments avec lesquels je suis ... etc.

Enfin, débordé, le comte d'Angiviller prie le Directeur de l’Académie d’en ordonner à la fois « une demi-douzaine3 *. »

On arrivera vite à la douzaine, comme dans le commerce de gros, puisque les mémoires de Duplessis en citent 48; or, quelques copies n’y figurent pas, parce qu’elles sont à la charge soit du Ministère de la Marine, comme celles de MM. de Saint-Didier et du Bois, soit des intéressés eux-mêmes.

L atelier du peintre du roi devient une manufacture de copies, qui fonctionne parallèlement au cabinet des copies de Versailles et à celui du « bon copiste » Lassave (pour les portraits en pied à qui ils sont payés 1 200 livres). On y emploie aussi à an Loo « le fils » pendant que

1. Cette copie, entièrement de la main de Duplessis, fut livrée au mois d’octobre de la

même année.

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